La tondeuse fatale

Pondu le 19 avril 2013 - 2 commentaires

Figurez-vous que mes efforts sont parfois bien mal récompensés. Je ne parle pas de mes pitoyables tentatives de drague pour arriver à faire des cabrioles avec Madame1, mais de choses plus générales et un peu moins situées sous la ceinture.

Allô M. Dric ? Vous venez de gagner 10 000 000€. Et vous êtes si beau en plus.

Par exemple, je prie régulièrement le dieu Guacamol de me faire gagner au loto. Croyez-vous que je sois exaucé ? Et bien non, que dalle. Bien sûr, les grincheux diront que j’aurais plus de chances de gagner si je jouais, au lieu d’espérer qu’un huissier frappe à ma porte un jour en m’annonçant que je suis le premier gagnant multi-millionnaire du loto sans même avoir joué. D’ailleurs tant qu’à rêver, je voudrais que ce soit une dame fort charmante dont le décolleté déborde du chemisier.

Il se trouve que j’avais une tondeuse premier prix achetée dans un magasin au nom évoquant un croisement routier. Et qu’étant peu porté sur la mécanique et le nettoyage, je la laissais plus ou moins dans sa crasse. Mais ça tournait plutôt bien, si on excepte que j’ai plié le guidon (renforcé depuis par mon p’pa), que la traction avait sauté, et que les roues avant avaient tendance à se dévisser. En gros, si on excepte qu’elle était pourrie, elle faisait son office.

Mais quand même, j’étais un peu gêné de la laisser dans un tel état d’abandon, surtout qu’elle n’avait pas un boulot facile la pauvre. Un terrain accidenté, fortement pourvu en herbe à vaches2 et autres saletés végétales, et une surface de tonte largement supérieure à ce qui était écrit dans le manuel, elle était clairement surpassée par les évènements.

Gêné donc, et voulant bien faire, j’ai donc passé un après-midi entier à nettoyer cette épave, à vidanger l’huile, à vérifier la bougie, le filtre à air, les rétroviseurs et l’avertisseur sonore homologué. Fier de moi mais un peu sale (cette tondeuse tournait au charbon, et le décrassage de la chaudière a été un peu mouvementé), je fais le plein et démarre avec enthousiasme l’engin.

Rien ne vaut l’exercice sur le terrain, je commence à tondre la pelouse. Et au bout de 10 minutes, cette satanée machine se met à tousser et à dégager une fumée noire, un peu comme un fumeur régulier au bout de 40 ans.

J’arrête donc la tondeuse, je l’insulte copieusement et je tente de comprendre la source du problème. Évidemment, comme je suis un gros nul en mécanique et en tondeuses, je n’ai pas trouvé. Par contre je suis balèze en Internet, et donc j’ai cherché bravement ce qui pouvait causer un tel désarroi à ma tondeuse. Le Grand Internet et son disciple Google me renvoyèrent dans leur grande bonté une possible piste concernant le filtre à air ou un problème de bougie, ainsi qu’une flopée de pubs super bien ciblées « Achetez une super tondeuse », « promo sur les tondeuses », « rasoirs et tondeuses », « moutons à vendre » et « paiement en 1000 fois pour l’achat de cette tondeuse hors de prix ».

Finalement ce n’était pas du tout le filtre à air, mais le ressort qui commande l’admission d’essence qui était tout détendu, et qui du coup provoquait un embargo régulier sur l’essence. Le moteur, ainsi privé de son précieux carburant, toussait comme un ministre du budget à qui on parle de son compte en suisse. J’ai tenté de bricoler un peu le ressort, ce qui a eu pour effet de mettre le moteur en surrégime aléatoire et de faire un boucan d’enfer, mais au moins je pouvais tondre. En réalité, c’est le fait d’avoir nettoyé la tondeuse qui a provoqué le problème, puisqu’auparavant la crasse bloquait plus ou moins le mécanisme. Comme quoi quand on croit bien faire… Bref, je tondais dans la joie et surtout dans la peine, vu que j’en chiait gravement pour pousser tout ça.

Jusqu’à ce que je remarque à la faveur d’un demi-tour en bout de terrain une grosse pièce en plastique noir non loin de moi. Intrigué, j’ai d’abord pensé que les nord-coréens avaient miné mon terrain avant de me rendre compte qu’il s’agissait en fait de la roue avant gauche de ma tondeuse. Diantre, je tondais sur trois roues. Comme je n’allais pas me laisser désarçonner par la perte d’une roue j’ai continué de tondre sur trois roues, histoire de rentabiliser un peu le plein d’essence.

Je tiens à vous dire qu’il parfaitement possible de tondre avec trois roues. Mais c’est quand même assez éloigné du fonctionnement optimal d’une tondeuse, sauf si celle-ci a été conçue pour ça. Ceci m’a décidé à engloutir mon argent investir dans un nouvel engin, parce que je considère que parfois il faut savoir dire stop au ridicule.

Après avoir étudié en long, en large, en travers et en profondeur le décolleté de Madame, j’en ai fait autant mais avec moins d’intérêt avec les tondeuses.

J’ai pris le top :

  • glacière réfrigérée
  • triple lame à quadruple sens rotatif inversé et vertical
  • rotor de queue
  • 240 chevaux sous le capot
  • Effet revitalisant au Q10 extra plus
  • 4 roues motrices
  • Réception satellite/câble/TNT HD
  • 320km/h en pointe
  • Poignée moulée avec mes empreintes de main
  • Ecran LCD de 19 pouces
  • Sèche-cheveux
  • Connexion 4G là où la 4G n’est pas encore déployée, c’est-à-dire partout en France3
  • Jets massants
  • GPS de qualité militaire
  • Toit panoramique
  • Attache pour siège bébé (je vous rappelle que nous en avons un autre en route, et que c’est un être testiculé. Oui, un garçon quoi.)

Cette tondeuse était livrée avec une experte en tonte de pelouse, mais Albane n’a pas jugée bon de la garder.

Comme vous le voyez, je n’ai pas lésiné sur la qualité. J’ai dû dilapider mon héritage pour me l’acheter (P’pa, M’man, les gens qui habitent chez vous depuis que vous êtes parti en vacances sont les nouveaux propriétaires, je vous ai loué une caravane au camping municipal pour quand vous rentrerez, mais faudra me rembourser la caution), mais ça vaut clairement le coup.

Et j’ai bien compté, cette tondeuse a environ quatre roues, ce qui est tout à fait honnête et dans la moyenne des engins de ce genre.

 


  1. Encore que là aussi le taux de réussite ne dépasse pas les 8%, ce qui est assez peu. 

  2. Ça ne se fume pas, mais ça pousse à 40cm de haut sans forcer. 

  3. Si vous êtes rapide, il est assez intéressant de lire le petit texte en bas des pubs télé qui répertorie les 3 ou 4 endroits en France où on peut capter de la 4G. Si vous souhaitez payer un forfait très cher pour ne pas avoir plus de débit que les autres, prenez un forfait 4G. 

Je veux coucher avec Dric, vite je commente !


Oh no ! More lemmings

Pondu le 16 janvier 2013 - 8 commentaires

Il est parfois des situations dans la vie d’un homme (au sens mâle du terme) où il est de bon ton de ne pas paniquer. Parmi celles-ci, on peut compter de façon non exhaustive :

  • La vue d’un araignée ou d’un petit rongeur (en tant que mâle, vous êtes censés faire face),
  • La lecture d’un énorme écriteau sur lequel est inscrit « Merci de ne pas paniquer »,
  • Un entretien d’embauche,
  • Une proposition de débauche12,
  • La découverte d’une des pièces de votre maison/appartement redécorée par votre rejeton/compagne/compagnon/employé des impôts de façon totalement hideuse3.

Faire face à une de ces situations impose un certain contrôle de soi. Quelques phrases prononcées par vos interlocuteurs peuvent vous indiquer si votre vilain faciès est en train de trahir vos sentiments réels :

  • « Pourquoi t’es tout blanc d’un seul coup ? »,
  • « Vous avez fait un malaise, ça va mieux ? »,
  • « Si tu écarquilles encore plus les yeux, ils vont tomber de leurs orbites4 »,
  • « Tu pourrais arrêter de faire le clown, je te parle sérieusement ! »,
  • « Vous avez bu avant de venir ? »

Il n’y a malheureusement pas de recette miracle pour masquer votre trouble. N’importe quel petit mentaliste à la noix vous dira que votre façon d’être vous trahira quoi que vous fassiez, donc vous ne pouvez vous en remettre qu’à votre talent naturel pour le mensonge et espérer que votre « pokerface »5 combinée à un interlocuteur peu observateur sera suffisant pour vous tirer d’affaire.

Quoi qu’il en soit, il y aura toujours certaines situations où vous finirez par paniquer. Que ce soit sur le moment, avant ou après, vous aurez une vieille sueur froide, des visions apocalyptiques et le sentiment que le monde vous en veut personnellement.

C’est à peu de choses près ce que nous avons ressenti Albane et moi en apprenant que nous étions les heureuses victimes du « Polichinelle dans le tiroir Surprise ». Alors bien sûr nous sommes contents (on voulait plus d’un rejeton pour payer nos retraites après tout), mais quand c’est pas du tout prévu au budget 2013 (je n’apprendrai à personne qu’un bébé c’est composé pour moitié d’amour et pour moitié de gouffre financier), ça fait un peu peur quand même. Ce qui vaudra à ce futur mini-nous un peu moins d’amour de notre part (je vous apprendrai comment calculer l’amour qu’on peut porter à son enfant dans une prochaine note).

Pour tout dire, ça nous a pris pas moins de deux mois pour nous faire à l’idée (surtout moi pour être honnête). Se remettre aux couches, se relever la nuit pour les biberons, être malade tous les matins pendants trois mois, avoir l’air d’une baleine… Et encore, je ne parle que pour moi.

En attendant, les paris sont engagés : l’ensemble des grands-parents ainsi que Raphaël6 et pas mal de nos amis veulent que ce soit une pisseuse, Albane s’en fout (elle préfèrerait toutefois qu’il/elle ait une apparence humaine), et je voudrais encore un p’tit couillu pour ma part. Selon les changements de lune, la couleur de l’urine du chat et la position du dollar canadien sur le marché des valeurs dévaluées, les pronostics me donnent totalement tort.

La ponte est prévue pour le 1er août, et je n’ai pas trouvé de détournement à faire à partir de la première écho (qui est malheureusement bien moins spectaculaire que la première de Raphaël). J’ai hâte de voir la deuxième pour voir autre chose que des tâches formant une vague silhouette. A moins que je ne sois papa d’un test de Rorschach, mais ça reste peu plausible sur un plan médical.

Mon futur enfant.

Mon futur enfant.

 

Les personnes qui ont immédiatement reconnu le titre de cette note et donc le rapport avec celle-ci sont mes nouveaux héros ou héroïnes pour les prochaines 48 heures.


  1. Encore que là vous pouvez paniquer, surtout si Madame votre compagne (ou Monsieur votre compagnon pour les plus gays d’entre nous) est juste à côté de vous et qu’il/elle n’est pas l’auteur(e) de la proposition. 

  2. J’avais une super illustration à vous proposer avec une légende dont j’étais très fier, mais vous comprendrez plus loin pourquoi je me suis résolu à ne pas l’insérer dans cette note. 

  3. Surtout s’il se trouve que cette personne s’est faite aider de Valérie D., animatrice d’une émission sur le thème « Heureusement que c’est pas chez moi ». 

  4. Ça reste peu probable techniquement parlant, mais c’est toujours sympa à placer dans une conversation. 

  5. Tête de poker en mauvaise traduction littérale, ce qui signifie une expression totalement neutre. Les joueurs de poker ont tout intérêt à l’arborer s’ils ne veulent pas que leurs adversaires se doutent qu’ils ont une très bonne ou très mauvaise main 

  6. alias Premier-Né – une appellation clinquante pour dire qu’il était le premier rejeton sur les lieux. 

Je n'ai jamais lu un tel ramassis de conneries, vite je commente !


La Poste, une longue histoire de maux avec plein de lettres

Pondu le 27 décembre 2012 - 6 commentaires

Les services postaux, c’est avant tout une longue histoire de glorieux mérites.

On y pense peu, mais avant l’arrivée de la presse écrite, avant les journaux télévisés, avant Internet, il y avait… que dalle. Les moyens d’information étaient pour le moins peu fiables, lents et pas forcément objectifs.

C’était là qu’intervenaient les services postaux : porter des messages, des colis, des missives en galopant à travers le Royaume, telles étaient les missions des fiers postiers.

Il va de soi qu’en ce temps-là les gens de la poste n’avaient pas de Kangoo ni de vélo. Le seul moyen de déplacement rapide, c’était le canasson. Avouez que ça en jette plus de se déplacer en cheval qu’en vélo, le prestige de ces hommes (car la parité était loin d’être respectée en ce temps-là) était tout autre qu’actuellement.

Créés sous Louis XI, les services postaux servaient à l’origine au Roi pour envoyer des sextos à ses maîtresses. Etant donné qu’il n’y a avait pas que le Roi qui avait des maîtresses, et qu’il pouvait s’avérer bien pratique d’envoyer des messages et des lettres à l’autre bout de la France, on élargit bientôt la mission de la Poste aux autres gens du Royaume.

Le Pony Express : une époque malheureusement révolue.

Au fur et à mesure de leur histoire, les services postaux se sont développés et sont entrés dans la légende. Prenons le Pony Express, cette entreprise postale intimement liée à la conquête de l’ouest nord-américain.

C’était une longue chaîne de relais postaux qui allait d’un bout à l’autre des Etats Unis, pouvant faire passer un message de l’est à l’ouest en 10 jours seulement. Les français et les belges tenterons bien de reproduire ceci dans leurs pays respectifs, mais suite à une malencontreuse traduction un peu trop littérale, les relais postaux seront équipés de poneys. Vous le savez sans doute, mais le poney est un animal hargneux, peu coopératif et assez je-m’en-foutiste.

La conséquence sera que le Poney Rapide (c’était son nom) fera faillite au bout de trois mois sans avoir jamais réussi à livrer un seul courrier d’un bout à l’autre de sa couverture d’intervention. On peut le dire, c’est à partir de ce moment-là que les choses commencèrent à se gâter pour la grande histoire de la poste.

Lorsque le télégraphe1 fit son apparition (entraînant d’ailleurs la fin du Pony Express après deux ans de service seulement), les services postaux s’en emparèrent immédiatement. Jamais à l’abri d’une application détournée de toute technologie, la poste monta un service de réveil à distance.

Le principe était le suivant : on câblait un télégraphe jusque chez vous, vous demandiez à ce qu’on vous réveille à une certaine heure et un employé se chargeait de vous balancer des bips à l’heure prévue. Le récepteur du client était relié à un gramophone pour que le son soit bien audible. Bien évidemment, ce service échoua à trouver une clientèle pour plusieurs raisons :

  • Le coût était faramineux, sans compter qu’à l’époque on n’enterrait pas les câbles et que les fils visibles dans la rue, c’est moyen en zone dense.
  • L’employé s’endormait régulièrement, ce qui nuisait quelque peu à l’efficacité du système.
  • Un simple réveil-matin était bien plus précis et fiable, et coûtait bien moins cher.
  • Apple n’était pas encore là pour reprendre l’idée et annoncer que c’était une révolution dont vous aviez nécessairement besoin2.

Ce fut ensuite l’arrivée du téléphone, du minitel et d’internet, que les dirigeants de la poste regardèrent avec mépris en disant : « Pfeu, ça ne marchera jamais ». Ils eurent tort dans deux cas sur trois, mais malgré l’apparente haine de la Poste pour tout ce qui ressemble à une avancée technologique, la machinerie interne ne cessait d’évoluer.

Les centres de tri ont toujours été le point névralgique de la Poste. Rediriger le courrier avec un maximum d’efficacité et de rapidité vers les bureaux de poste locaux est un défi permanent.

Les premiers centres de tri étaient bien évidemment manuels, des employés ne voyant quasiment jamais la lumière du jour s’éreintaient les yeux à déchiffrer les adresses écrites sur les lettres et paquets. Le développement de la médecine et des pharmacies, ainsi que de la détestable habitude de leurs praticiens d’écrire comme des cochons fut d’ailleurs responsable des grandes grêves de 1909.

Par la suite, avec l’arrivée de la bureaucratisation galopante en vigueur dans nos administrations depuis la seconde guerre mondiale, on nomma des responsables pour surveiller des groupes d’employés, puis des responsables pour surveiller et encadrer ces surveillants. Le budget n’étant pas extensible, on finit par prendre des postes d’employés pour créer des responsables. Le point culminant fut atteint en 1974, lorsqu’un employé du tri fit grêve au centre de tri postal de Colombes en Île de France. L’acheminement du courrier fut ainsi totalement interrompu pendant 10 jours. Il s’avéra qu’il était le seul employé à faire du tri sur l’ensemble de la France, tous les autres étant responsables de quelque chose. Cet homme anonyme n’avait ainsi pas pris de congés ni eu de jours de repos depuis 3 ans, lorsque son collègue était parti en retraite. Cette histoire n’a jamais été publiquement dénoncée par les syndicats, vu que les délégués syndicaux étaient eux-même des responsables (de la vitre de la porte de service pour le délégué CGT, et de l’ampoule du placard à fournitures pour celui de FO).

C’est alors qu’on mit en place les premières machines automatiques. Qui étaient en réalité des boîtes vides dans lesquelles on mettait des employés de petite taille (l’exiguïté des machines ne permettait pas aux personnes de plus d’1m52 de s’y introduire) qui faisaient ainsi un tri manuel. Mais le ministre des PTT qui visita le premier centre automatisé n’y vit que du feu et augmenta ainsi le budget des PTT de 140%.

Petit apparté sans lien avec le sujet de mon propos3 : le timbre postal fut probablement l’invention qui propulsa les services R&D4 de la Poste au Panthéon des Grands Nuisibles de la Civilisation. Pensez donc, forcer des millions de gens à ingérer de la colle au goût infect pour pouvoir appliquer volontairement une taxe sur sa lettre, c’était tellement aberrant que ça n’aurait jamais dû fonctionner. Et pourtant, l’adage « Plus c’est gros plus ça passe » se vit là encore vérifié.

Une langue parfaitement adaptée au léchage de timbres

La Poste tenta là encore de se faire un peu plus de sous en ouvrant un service spécial de lécheur de timbres. Les membres de ce service étaient rigoureusement sélectionnés pour leur salivation modérée (trop de salive et la lettre était noyée, pas assez et le timbre ne collait pas) et la taille de leur organe qui devait être conséquente (on parle toujours de la langue là, hein) pour les gros timbres. Des rumeurs à ce jour invérifiables font mention d’un laboratoire secret de la Poste qui aurait pratiqué l’eugénisme dans le but de créer des individus parfaits pour remplir les conditions mentionnées ci-dessus.

Ce fut encore un fiasco : les gens étaient peut-être idiots, mais pas à ce point. Le Gouvernement français ordonna aux employés de bureaux de poste de proposer gratuitement ce service de léchage de timbres. C’est à peu près à cette époque qu’on vit arriver les premiers timbres autocollants, mais le Directeur Général jura sur la tête de sa maman que ce n’était qu’une coïncidence.

La grosse majorité de ce que je viens de vous raconter sort directement de mon imagination, cela va de soi. Et là, vous vous dites : « ok c’est bien ton truc, mais où tu veux en venir au juste ? »

Ce qui suit est certifié exact par l’Institut de Vérification des Assertions Véridiques.

J’ai commandé des pièces informatiques sur un site internet, qui me les a expédié via colissimo, le service de transport de colis de la Poste.

Après une attente assez longue, voici ce que je vois sur le suivi de mon colis via Internet :

On fait tout ce qu'on peut pour vous livrer. Ah ah.

On fait tout ce qu’on peut pour vous livrer. Ah ah.

Évidemment, il n’y a aucun moyen de contacter qui que ce soit via la page de suivi pour savoir quelle est la partie manquante, et encore moins de pouvoir la renseigner.

Il y a une raison à cela, et vous allez vous en rendre compte sur la photo de l’adresse de destinataire inscrite sur le colis :

Je cherche encore le renseignement qui manque sur l'adresse...

Bien évidemment, j’ai modifié les éléments de l’adresse, mais la présentation et le nombre de renseignements sont identiques.

Ce serait plutôt gênant pour la personne qui aurait à répondre à ma demande de me dire quel renseignement manque sur l’adresse de destinataire, étant donné qu’il n’en manque aucun.

La préposée à mon colis est certes très mignonne, mais si elle croit que mon colis se trouve dans son décolleté…

C’est d’ailleurs plus vicieux que ça, puisque la société expéditrice n’ayant pas eu de confirmation de livraison, elle a lancé une demande de localisation, qui est une procédure permettant de savoir où se situe le colis. En réalité, je suppose que cette procédure fonctionne un peu dans le même principe que le « coup de pied au cul » : la personne chargée de traiter mon colis reçoit cette demande de localisation, elle a peur et elle finit par traiter tous les colis qu’elle a en attente jusqu’à ce qu’elle oublie à nouveau que son boulot est d’acheminer des colis vers leur destinataire.

 

Et j’ai reçu mon colis sans faire aucun changement sur l’adresse de destinataire.

 

Note : je précise pour contrebalancer l’excédent de mauvaise foi qui parsème mon propos que c’est la deuxième fois que ça m’arrive. Des transporteurs nous livrent chaque semaine du matériel à cette adresse sans que ça pose le moindre problème, sauf avec Colissimo.


  1. On parle ici du télégraphe électrique, puisque le télégraphe optique (les signaux lumineux ou de fumée) existaient déjà depuis longtemps. 

  2. Oui c’est un vilain troll, d’autant que sans Apple les smartphones et les tablettes ne seraient pas encore démocratisés, seraient bien plus moches et moins ergonomiques. Ça n’empêche pas de critiquer le côté puant de leur communication. 

  3. Je n’avais en réalité aucune obligation de le mentionner étant donné que vous ne connaissez pas encore le sujet de mon propos. 

  4. Recherche et Développement. C’est censé être dans toute société qui  se respecte un service génial où on joue au savant fou. 

Je suis une blonde, vite je commente !


Comment j’ai pu dégueulasser toute la cuisine sans foirer ma Saint Valentin

Pondu le 17 février 2012 - 11 commentaires

Le 14 février c’était le jour des amoureux. Enfin en vrai, on est bien d’accord qu’en général les zamoureux n’ont pas besoin d’un jour particulier dans l’année. Même pour les couples, c’est discutable.

Il y a en revanche un cas de figure (dans lequel je suis) qui mérite bien son jour des zamoureux, ce sont les familles. Car dès qu’un rejeton pointe le bout de son nez, on passe du statut cool et décontracté du zizi de « couple » à « famille ». A tous les nouveaux parents, je souhaite bien du courage.

Quoi, des bisous entre vous ?! Je vous demande de vous séparer, je suis bien trop mignon pour cesser d'être votre seul centre d’intérêt.

Le nouveau venu, si mignon soit-il est quand même un phagocyte de temps et de sentiments incroyable. Cette petite personne va devenir le centre du monde et séparer plus sûrement papa et maman que ne le ferait Moïse avec la Mer Rouge. Je vous déconseille si  vous en souffrez d’aller faire un tour sur d’éventuels forums où des des gens dans la même situation que vous épanchent leur malheur, c’est totalement déprimant et ça ne vous servira à rien au final.

Et inutile de penser à faire subir à votre progéniture le même traitement que pour des chatons encombrants, le dépôt d’ordures dans les rivières et les étangs est puni par la loi. Et à moins d’être attiré par les franches camaraderies entre prisonniers, vous y perdriez grandement au niveau sentimental.

D’un autre côté ça n’a rien de définitif comme situation puisqu’à force de menaces, de tentatives de meurtre et de brutalités ordinaires ça c’est arrangé entre Albane et moi. Elle ne parle plus beaucoup depuis qu’elle est enterrée dans le jardin, mais au moins on ne s’engueule plus pour un rien. Et puis la poupée gonflable qui l’a remplacée dans mon lit ne prend pas toute la place, elle.

Mais cet état commun à 82,7% des couples d’après l’étude réalisée en 2009 par l’Institut Amérindien de la Statistique Fortement Probable fait prendre tout son sens aux petites manifestations d’amour entre deux parents, comme le jour de la St Valentin.

Pour avoir tester plusieurs scenarii de St Valentin, je crois que je préfère encore rester à la maison et faire un repas amélioré entre zamoureux1 une fois l’abominable mini-tornade couchée. En l’occurrence pour cette année, c’était crème brulée de foie gras2, saumon à la sauce hollandaise accompagné de riz, avec un gros gâteau en dessert.

Vous allez me demander à ce stade3 quel est le rapport de tout ça avec le titre de cette note, et bien le voici :

J’ai offert à Albane (qui excelle dans beaucoup de domaines, notamment dans l’ordre alphabétique où elle arrive systématiquement avant les Clara, les Hildegarde et même les Céline) à l’occasion de cette soirée une machine à faire des sodas4. Le principe est simple, vous mettez de l’eau dans une bouteille, vous la mettez dans la machine, et celle-ci va injecter du CO² dedans pour en faire une eau gazeuse dans laquelle vous ajouterez un arôme de Coca Cola, de fanta ou de limonade. Vous ne pourrez pas faire de champagne par contre.

Simple, la réalisation l’est nettement moins puisque nous avons réussi à inonder la cuisine par deux fois. La première fois c’était de ma faute, je n’avais pas vissé correctement la bouteille sur le support permettant d’injecter le gaz. Lorsque j’ai appuyé sur le bouton, la pression du gaz a fait sauté un tiers de l’eau contenue dans la bouteille d’un litre hors de celle-ci en nous aspergeant généreusement au passage.

En Lituanie, les machines à soda sont quand même plus faciles à utiliser

Un nettoyage plus tard, en relisant le mode d’emploi qui n’a été d’aucune utilité vu la nullité de la présentation5, j’ai fini par comprendre qu’on pouvait faire pivoter l’injecteur de gaz, ce qui permettait de visser bien mieux la bouteille et ainsi d’éviter les fuites.

Vint ensuite l’ajout de l’arôme. Après quelques délibérations à base de « Choisis ce que tu veux – Non toi vas-y – Non, fais comme tu veux – Bon alors on prend quoi ? – Comme tu veux – Bon ok alors on prend quoi ? – Vas-y je te laisse choisir », notre choix s’est porté sur l’arôme d’un ersatz de Fanta.

Deuxième effet Kisscool, lorsqu’Albane a ajouté l’arôme cela a engendré une amusante réaction chimique qui a poussé le contenu de la bouteille à s’échapper d’un seul coup et en grande quantité, nous aspergeant généreusement au passage. Et tenez-vous bien pour ceux qui la connaissent, Albane n’a pas rouspété ni hurlé qu’il y en avait partout, ou fait un mélodrame dans le même genre. Mieux, elle a rit6.

Finalement le breuvage obtenu était plutôt bon, on s’est bien amusé, on a très bien mangé et on n’a même pas regardé la nouvelle saison de Dr House7.

Je crois que c’était ma meilleure St Valentin à bien y réfléchir8.


  1. Cuisiner est probablement une des façons les plus élégantes de draguer, alors la cuisine à 4 mains… 

  2. Que je vous recommande, c’est beaucoup plus léger qu’on ne pourrait le penser et ce n’est pas du tout écœurant. 

  3. Si vous n’avez pas déjà fermé la page parce que le texte est trop long ou que ça vous ennuie, ou les deux si êtes la personne qui partage ma vie… 

  4. Elle m’avait déjà tannée pour en avoir une et j’avais explicitement exprimé mon manque d’intérêt face à cet engin. J’avais néanmoins conservé cette information dans un coin de mon cerveau supérieurement fantastique. 

  5. Message aux fabricants de notice : Bon sang les gars, mettez des images, on pige mieux comment faire après. 

  6. Et comme femme qui rit est à moitié dans ton lit… 

  7. TF1, vous êtes des cacas de panda : commencer la diffusion d’une série à succès un 14 février, vous n’êtes clairement pas pour un maintien de la natalité en France vous. 

  8. Et en plus j’ai conclu. Ou alors c’est Albane qui a conclu, je ne sais plus trop. 

Je veux coucher avec Dric, vite je commente !


Le mythe du plombier

Pondu le 31 août 2011 - 13 commentaires

Alors que j’étais en voiture pendant les vacances, la radio était branchée sur RTL à l’heure des Grosses Têtes. M. Bouvard a soulevé un point intéressant, qui a malheureusement été traité de façon tout à fait honteuse dans l’émission :

Quelle est l’importance du plombier dans la mythologie contemporaine ?

Je me sens donc obligé de reprendre ici la question, afin d’y répondre de façon un peu plus sérieuse que les membres des Grosses Têtes. Même si l’on n’a jamais vu de plombier président de la république ou de plombier astronaute, il n’en reste pas moins que le plombier occupe une place de choix dans notre société et notre culture. Épluchons ensemble cette passionnante muse qu’est le plombier.

– Dans les jeux vidéo :

Le drame de la mode : la moustache étant totalement démodée, cette jeune femme refuse de la laisser pousser.

Tout le monde connaît Mario et son frère Luigi, les deux plombiers créés par Nintendo. Ce vieux Mario a très souvent pour mission d’aller délivrer de la gourdasse princesse en détresse (Peach la plupart du temps), ce qui en dit long sur ce que pensent les concepteurs de jeux nippons de la capacité des femmes à se débrouiller toutes seules… Mario Bros est un succès vidéo-ludique énorme qui dépasse en surpuissance les crêpes au Nutella, c’est dire si c’est balèze.

Plus généralement, on trouve souvent des mini-jeux de plomberie où il faut assembler divers morceaux de tuyaux pour faire passer un fluide d’un point vers un autre. Ce concept a été imaginé par l’International Plumbers Academy, au sein du programme controversé  « Pipe Support Committee for a Better World« . Le but était de sensibiliser puis d’endoctriner de jeunes adolescents crédules pour les recruter dans des camps d’entraînements spéciaux où on leur lavait le cerveau pour des raisons troubles qui ne furent jamais vraiment élucidées. Le FBI mit fin à la branche américaine de l’organisation en 1992, mais il subsiste encore dans le monde des groupuscules déterminés à répandre la terreur et l’amour de la plomberie.

– Dans les légendes urbaines médiatiques :

Vous vous souvenez peut-être du fameux « plombier polonais » qui allait voler tous nos emplois début 2005, au moment du référendum sur la Constitution Européenne. Ce personnage est à rapprocher du vilain communiste pendant le Maccarthysme1 américain en pleine Guerre Froide, du Juif pendant la seconde guerre mondiale, et du trader depuis 2008. Bref, un gars qui fait peur et qui vient jusque dans nos foyers violer nos femmes et nos canaris, prendre notre pain et nous mener à la ruine.

Il se trouve que dans les faits, un rapport d’une commission d’enquête européenne dédiée à ce sujet a indiqué que le plombier polonais n’avait quasiment eu aucun impact sur les emplois français. Heureusement qu’on a depuis trouvé les traders comme boucs émissaires, on aurait eu l’air malin à avoir peur d’un type inoffensif.

– Dans le porno :

Zut alors, ma chemise a rétréci au lavage ! Quelle piètre ménagère je fais !

un des scenarii les plus connus des films pornographiques met en scène une jeune femme seulement vêtue d’une chemise de nuit qui fait appel à un plombier pour une fuite au robinet de la cuisine. Le plombier se trouve être parfois beau2, toujours grand et musclé pour résoudre les déboire de la jeune femme. En cours de route des mains s’égarent, des langues se retrouvent dans d’autres bouches et finalement ça se termine par un documentaire sur la reproduction animalière. On peut d’ailleurs constater que la plupart des acteurs masculins n’ont aucune véritable idée de la façon dont les humains se reproduisent, vu qu’ils répandent leurs fluides sur la dame et non pas dedans. Le duo plombier/femme au foyer est un grand classique du genre, aux côtés des duos docteur/infirmière, patron/secrétaire et tomate/chorizo.

Une étude datant de 2009 de l’Institut Pakistanais de la Statistique Ostensiblement Sexuelle (IPSOS, que nous connaissons tous) rapporte que les plombiers ont 38% de chances supplémentaires d’avoir un rapport sexuel avec une parfaite inconnue, alors que les patrons et docteurs ont 62% de chances supplémentaires d’être accusés de harcèlement sexuel dans le même contexte ; on ne peut que constater que les plombiers jouissent d’un prestige bien supérieur à ces professions pourtant mieux reconnues socialement.

En conclusion, je pense qu’on peut affirmer sans rougir que oui, le plombier fait bel et bien partie de la mythologie contemporaine. Sans jouer un rôle central, il se cache à la frontière de nos plaisirs et de nos peurs, discret mais attentif. C’est même la profession d’un des personnages importants de Desperate Housewives (Mike Delfino), ce qui montre que non content d’être bien intégrés dans notre culture moderne, les plombiers sont aussi de redoutables magouilleurs qui ne reculent devant rien pour se faire de la pub. Parce que quand même, un plombier qui vit dans un quartier aussi huppé que Wisteria Lane c’est n’importe quoi. Pourquoi pas y mettre un psychopathe, un vendeur de voitures, ou même un autre psychopathe, ou carrément des latinos aveugles pendant qu’on y est ?.

 

Tout ça pour vous dire que j’ai changé avec succès un réducteur de pression défectueux chez moi, et que mon groupe de sécurité fonctionne enfin normalement. C’est un petit pas pour moi, mais un grand bond pour la plomberie amateure !


  1. Il est à noter que McCarthy partageait le même prénom qu’un des plus célèbres dirigeants communistes moustachus, et qui est par ailleurs mon deuxième prénom à moi. Ces deux personnages avaient aussi en commun la flatulence facile, d’après quelques témoins. On me souffle que c’est également mon cas, mais c’est du vent tout ça. 

  2. Pas si fréquemment que ça d’ailleurs, c’est dire le peu de considération qu’a l’industrie du porno pour l’esthétisme masculin. Il faut bien le dire, les acteurs masculins sont souvent réduits à leur sexe. Les féministes feraient donc bien de la ramener un peu moins sur les films X, vu que les femmes y sont bien mieux représentées… 

Je n'ai jamais lu un tel ramassis de conneries, vite je commente !