Nos amis les paranos – Globalement Inoffensif https://www.inoffensif.net/blog Le superbe, magnifique et intellectuellement puissant blog de Dric Wed, 25 Apr 2012 12:47:34 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=6.1.1 4170649 Une histoire de courant https://www.inoffensif.net/blog/une-histoire-de-courant https://www.inoffensif.net/blog/une-histoire-de-courant#comments Wed, 25 Apr 2012 12:41:28 +0000 http://www.driczone.net/blog/?p=1158  Pré-note : Cette note est la plus longue que j’ai jamais faite, quasiment 4600 mots. C’est une fiction évidemment, et pas une très marrante en plus. De ce fait, point de photo de jeune femme courtement vêtue cette fois-ci. Bonne lecture…

Amandine était bien embêtée. Cette jeune brune de 28 ans travaillait à l’accueil clientèle au sein d’ERDF. Le fonctionnement d’ERDF restait un profond mystère pour elle, vu que lors de sa formation aucun responsable ne s’était risqué à lui décrire

Continue Reading]]>  Pré-note : Cette note est la plus longue que j’ai jamais faite, quasiment 4600 mots. C’est une fiction évidemment, et pas une très marrante en plus. De ce fait, point de photo de jeune femme courtement vêtue cette fois-ci. Bonne lecture…

Amandine était bien embêtée. Cette jeune brune de 28 ans travaillait à l’accueil clientèle au sein d’ERDF. Le fonctionnement d’ERDF restait un profond mystère pour elle, vu que lors de sa formation aucun responsable ne s’était risqué à lui décrire le fonctionnement de l’entreprise. Elle avait cru comprendre que c’était un reliquat de l’ancien monopole EDF-GDF, et que du coup lorsqu’il avait été décidé de créer ERDF, on y avait fourré pèle-mêle des trucs d’EDF et de GDF en priant très fort pour que ça ne foire pas.

Amandine venait d’avoir un appel d’un client qui avait fait sa demande de raccordement début octobre 2011, et là on était en avril 2012 et rien n’était terminé. Elle alla voir son responsable, M. Defort, qui était un quinquagénaire mal rasé, peu aimable et pas très beau.

« – Patrick, j’ai un souci avec un client : ils vont emménager à la fin du mois et ils n’ont toujours pas été raccordés.

– Ils ont fait leur demande quand ?

– En octobre de l’année dernière.

– Et ils croient peut-être qu’il suffit de claquer des doigts pour leur amener l’électricité ?!

– 6 mois, ça fait long quand même non ?

– Ah ma petite, tu n’es pas avec nous depuis très longtemps, sans quoi ça ne t’étonnerait pas.

– Mais alors je fais quoi ? »

Patrick Defort soupira, exhalant une haleine alcoolisée alors qu’il n’était que 10h du matin. Une carrière toute entière passée chez EDF puis au sein d’ERDF avait achevé de ruiner cet homme, qui était à 55 ans aussi en forme qu’un vieux bonhomme de 70 ans, avec des artère bouchées, un foie en piteux état, un cœur fragile et des poumons encrassés. Sa femme était partie depuis longtemps, et ses enfants préféraient dire qu’il était mort quand on leur posait une question sur leur père.

Amandine lui expliqua tout le dossier, et elle vit son responsable se ratatiner dans son siège au fur et à mesure qu’elle exposait le cas des clients qui avaient appelé.

« – On va devoir faire appel au Négociateur… », dit-il avec un frisson dans la voix.

Amandine ne savait pas qui était ce Négociateur, et elle préféra s’abstenir de demander pourquoi on avait besoin d’une telle fonction au sein de cette entreprise. Patrick Defort lui demanda de le suivre, et ils se rendirent au 5è via un ascenseur qui semblait ne desservir que cet étage.

L’étage était quasiment vide, à l’exception d’une grande pièce qui était fermée par une lourde porte blindée. Une caméra et un interphone était les seuls autres éléments notables. M. Defort s’approcha de l’interphone :

« – Monsieur, j’ai besoin de vos services. »

Une voix semblant venue de nulle part résonna dans le grand hall vide :

« – Es-tu prêt à payer le prix de ces services ?

– Bien sûr, je connais les règles ».

Patrick Defort transpirait à grosses gouttes à présent, une sueur froide et aigre lui coulait dans le dos. Amandine avait l’impression de se retrouver dans un film tellement l’ambiance était surréaliste.

« – Que veux-tu alors ? « , tonna la voix.

« – Je dois entrer en contact avec un Technicien.

– Mmmm, j’espère que ton offrande sera à la hauteur, ce que tu demandes est très compliqué à obtenir… »

La porte blindée s’ouvrit dans un chuintement, et les deux employés entrèrent dans la pièce. Richement décoré, le bureau dans lequel ils se trouvaient à présent dégageait une aura aussi majestueuse qu’angoissante. Amandine se dit que si le diable venait sur Terre, il choisirait sans doute ce lieu pour recevoir. L’homme qui se tenait derrière le bureau était incroyablement quelconque en regard de son nom et de la splendeur de la pièce. A vrai dire, Amandine aurait été bien incapable de le décrire. Elle avait beau fixer son attention sur lui, elle oubliait à quoi il ressemblait dès qu’elle clignait des yeux.

« – Dis m’en plus », dit l’homme en s’adressant à M. Defort comme si Amandine n’existait pas.

« – D’après le dossier, nous devons contacter un des techniciens de Bourges, dans le Cher, afin qu’il envoie une autorisation d’intervenir sous tension à un de nos sous-traitants. Ça aurait dû être fait depuis longt…

– Ne prononce pas ce genre de jugement ici ! », le coupa l’homme.

« L’influence des Techniciens est telle que je ne puis garantir la confidentialité d’une conversation même dans cette pièce.

– Je vous prie de m’excuser », bafouilla M. defort.

« Pouvez-vous nous mettre en relation avec un de ces Techniciens ?

– Je vais voir ce que je peux faire. »

L’homme étrange prit son téléphone et passa plusieurs appels. Amandine et son responsable attendaient, ne sachant trop quoi faire. La jeune femme voulait poser mille questions à son supérieur, mais celui-ci l’implorait du regard dès qu’elle faisait mine d’ouvrir la bouche. Elle ne savait pas ce qui se tramait ici, mais il était clair que Patrick Defort avait une trouille bleue de l’homme qui téléphonait sans sembler leur prêter la moindre attention.

Au bout de ce qui sembla être une éternité, le Négociateur raccrocha. Il semblait satisfait. Il fit craquer ses doigts, se passa la main dans les cheveux (mais avait-il des cheveux ? Amandine était incapable de s’en rappeler alors qu’elle avait l’homme en face d’elle) et s’adressa à M. Defort :

« – J’ai un créneau avec un des Techniciens, un certain Rodolphe. Dix minutes seulement. Vous devrez faire tout ce qu’il vous dit, même si ça implique une pratique sexuelle répugnante ou le don d’un de vos organes. »

Amandine se retint de rire devant l’absurdité de ce qu’elle entendait. Son supérieur semblait prendre tout ça très au sérieux. En fait, il était tellement livide que l’envie de rire passa d’un coup. La bouche de la jeune femme était sèche et elle déglutit avec peine.

« – Comment ça se passe ensuite ? Nous devons aller le voir à Bourges ? », demanda M. Defort.

– En effet. Vous devriez y aller maintenant d’ailleurs, je doute que le Technicien soit très patient. »

La conseillère et son responsable bredouillèrent un au revoir et allaient sortir lorsque le Négociateur les interrompit :

« – Un instant ! Vous saviez en entrant ici que mon aide ne serait pas gratuite… »

Lorsque son supérieur regarda Amandine, elle comprit ce qu’il avait en tête : c’était elle qui allait servir de compensation pour les services du Négociateur. Incapable de réagir, elle ne bougea même pas lorsque M. Defort lui mit la main sur l’épaule. Le Négociateur sembla enfin s’intéresser à sa présence, et elle faillit crier lorsqu’il planta son regard perçant dans le sien. L’homme eut un petit sourire, puis il s’adressa à Patrick Defort :

« – Non, pas elle… Vous ! »

Patrick Defort regarda Amandine, eut un haussement d’épaules résigné et alla lui ouvrir la porte du bureau.

« – Je suppose que j’ai fait mon temps… C’est peut-être mieux comme ça. Sois prudente ma p’tite, il y a des gens bien pires que le Négociateur dans cette Boîte.

– Mais, Patrick… » commença Amandine.

« – Tire-toi d’ici maintenant. Tu vas devoir continuer seule. »

Il la poussa hors du bureau. Alors qu’elle se retournait, elle eut le temps de voir dans les yeux de son responsable de la frayeur, alors que son visage exprimait juste une immense lassitude. Il claqua la lourde porte et Amandine se retrouva seule dans le grand hall.

Elle reprit l’ascenseur, qui la ramena à son étage.  L’accueil clientèle fonctionnait jour et nuit, et le bruit incessant des conversations téléphoniques ressemblait à une sorte de chuchotement monstrueux. Personne ne fit attention à elle, mais la plupart des gens qui venaient travailler dans ce service ne venaient pas pour nouer des relations humaines. Le travail était mentalement épuisant, peu gratifiant, et la pression des supérieurs était constante.

Apercevant un responsable qui venait de finir d’engueuler un de ses collaborateurs, elle se planta devant lui :

« – Bonjour Monsieur. Désolée de vous déranger, mais M. Defort m’a confié une mission et je ne sais pas à qui m’adresser…

– Defort, ce sac à vin ? Toujours pas mort, ce débris ? »

Amandine pensa que ce serait peut-être le cas dans un avenir proche, mais elle préféra ne pas s’en préoccuper pour l’instant. Elle exposa la situation en prenant bien garde de ne rien révéler quoi que ce soit qui lui sembla étrange. Elle ne savait pas si l’homme qu’elle avait en face d’elle était au courant de ce qui se passait hors de ce service, et elle ne voulait pas passer pour une détraquée. Elle-même ne savait plus trop si ce qu’elle avait vu était vraiment réel. Le responsable eut un soupir agacé :

« – Votre supérieur aurait tout de même pu vous donner la marche à suivre ! Passez donc au service Garage, ils vous prêterons  un véhicule pour vous rendre à… Bourges, c’est ça ?

– Merci Monsieur. »

Amandine tourna les talons. Elle ne savait pas où était le service des chauffeurs, mais elle préférait demander à l’Accueil. Elle entra donc dans l’ascenseur qu’elle prenait cinq jours par semaine depuis maintenant 3 mois et appuya sur le bouton du rez-de-chaussée.

Alors que les portes se fermaient, un homme s’engouffra dans l’ouverture. L’homme eut un sourire qui se voulait amical mais qui semblait plutôt carnassier.

« – J’ai bien failli me faire avoir par les portes ! vous saviez que dans certains bâtiments, les portes ont des lames coupantes ? Si vous essayez de passer lors de la fermeture, vous perdez une jambe !

– Vraiment ? », demanda  Amandine.

« – Non bien sûr, je plaisante. »

Pourtant Amandine se dit que ça serait plutôt plausible en regard de ce qu’elle avait vu au 5è étage. En regardant l’homme plus attentivement, elle remarqua tout à coup qu’il était habillé comme un gangster au temps d’Al Capone. Une caricature de maffieux des années 30, il ne lui manquait que la sulfateuse. L’homme semblait aimable, mais la jeune femme n’était pas à l’aise. Il faut dire que coincée avec un type sorti tout droit d’un film de gangsters dans un ascenseur qui semblait mettre un temps infini à descendre, ça avait de quoi vous inquiéter un minimum.

Lorsque l’ascenseur s’arrêta enfin, la porte s’ouvrit. Amandine sortit rapidement en bredouillant un au revoir, quand l’homme l’interpella :

« – Hé, attendez Mademoiselle ! »

Amandine se retourna et vit que l’homme avait à présent un revolver à la main, qui était dirigé vers elle. Elle releva les yeux vers le visage de l’homme, qui souriait jusqu’aux deux oreilles. Elle eut le temps de remarquer une tache de lumière rouge sur le front de l’homme. Un instant plus tard, la tache s’était transformée en trou béant et la cervelle du gangster retapissait tout l’intérieur de l’ascenseur. L’homme s’écroula sans cesser de sourire.

La jeune femme voulut crier, mais aucun son ne sortit. Elle voulu s’enfuir le plus loin  possible de ce cadavre au sourire démoniaque, mais ses jambes étaient trop faibles. Finalement elle s’évanouit.

Lorsqu’elle reprit ses esprits, une petite femme sans âge était penchée au dessus d’elle. C’était la première personne aujourd’hui qui semblait rassurante. Oui, on se sentait immédiatement en confiance avec elle. Amandine voulut parler, mais la femme l’interrompit :

« – Chht, prenez votre temps. Vous êtes en sécurité à présent. Voilà, respirez calmement…

– Mais, que… qui était cet homme ?

– Ma chère petite, quand on remue la merde il ne faut pas s’étonner d’être éclaboussée !

– Mais je n’ai rien fait qui…

– S’intéresser aux Techniciens n’est jamais sans conséquences. Ces gens-là n’ont aucune limite. Écoutez, je vous propose un marché. Vous restez assise encore un moment et je vous explique ce qui s’est passé. D’accord ? »

Amandine hocha la tête. Elle avait l’impression d’être encore une petite fille, lorsqu’elle allait rendre visite à sa grand’ mère.

« – Vous avez eu affaire au Service Qualité, qui ne sont pas très efficaces dans le domaine qui est censé être le leur, comme vous avez pu le constater. En revanche ils excellent dans la résolution d’incidents. Voilà comment ça fonctionne : les Techniciens, ainsi que les autres services qui font appel à eux font une fiche d’évènement indésirable lorsqu’un problème interne survient. Ensuite un des membres du Service Qualité intervient pour résoudre le problème. En général, ils se contentent d’assassiner la personne qui est à l’origine du souci.

– Mais comment peut-on laisser faire ça ? Un mort, ça se remarque ! », rétorqua Amandine.

« – Ce qui se passe à ERDF reste à ERDF ma petite. Pourquoi croyez-vous que tout est si bien cloisonné ici ? Votre service ayant un  « turnover » important comme on dit, il est isolé du reste de l’Entreprise. Vous êtes passée de l’autre côté du miroir, ma petite « Alice ».

– Mais qui a tué cet homme ? Ne devrait-on pas prévenir…

– La police ? Pourquoi faire ? Quelle importance ? Cet Al Capone de pacotille allait vous tuer. Savourez juste le fait d’être encore en vie !

– Je dois… Mais attendez ! Comment vous savez que je m’intéresse aux Techniciens ?!

– Je suis au courant de beaucoup de choses. Je suppose que c’est ma fonction qui veut ça…

– Quelle fonction ?

– Le ménage ma petite, le ménage. Nous sommes une caste d’intouchables, personne ne fait attention à nous, personne ne nous embête. Mais ça nous permet d’entendre et de voir tout ce qui se passe. Aviez-vous déjà remarqué l’un ou l’une d’entre nous ? »

Amandine réfléchit, mais elle dut bien admettre qu’elle n’avait jamais vu personne faire le ménage, alors même que sa poubelle était vidée plusieurs fois par jour et que les sols étaient impeccables.

« – C’est exactement ce que je vous disais, personne ne fait attention à nous. Mais nous devons notre tranquillité essentiellement au fait que si nous avons des oreilles grandes ouvertes, nous avons surtout des bouches bien fermées. Si nous commencions à parler de ce qui se passe ici, nous ne ferions pas long feu, croyez-moi !

– Et bien, merci de vous être occupée de moi. Je dois me rendre au service Garage pour emprunter un véhicule, vous sauriez m’indiquer le chemin ?

– Je vous déconseille d’aller aux Garages en ce moment. Ils sont assez énervés suite aux restrictions budgétaires dont ils ont fait l’objet en début d’année.

– Ils ne peuvent plus prêter de véhicules ?

– Oh si, ils en ont plein de véhicules ! Simplement personne ne se risque à aller en emprunter. Ces gars-là sont de vrais sauvages !

– A ce point-là ?

– Ma chère, ils adorent deux choses : ils vouent un véritable culte à la mécanique. ils ont élevé un espèce de monolithe fait de pièces de voitures, et ils passent leur temps à l’implorer.

– Et la deuxième chose ?

– La chair humaine. Les Garagistes sont cannibales. »

Amandine resta incrédule. La petite femme semblait très sérieuse, et c’était la personne la plus sensée qu’elle avait croisé aujourd’hui. Devant son air perdu, la femme eut un petit rire amical :

« – Ne vous inquiétez pas, je vais vous prêter un de nos véhicules de service. J’espère que vous n’êtes pas trop sensible aux parfums des produits d’entretien, ça sent assez fort là-dedans pour masquer l’odeur d’un mort !

– Comme celui de l’ascenseur ?

– Ne vous en faites pas, nous savons gérer ce genre de situation. Partez maintenant, et bonne chance. Vous en aurez besoin. »

La femme lui tendit un trousseau de clés et lui indiqua où était garé la voiture. Alors qu’Amandine partait, la femme de ménage lui tendit le revolver du gangster des années 30. La jeune femme n’avait jamais touché à une arme de sa vie, mais elle sentait qu’elle serait peut-être amenée à s’en servir. Elle la prit et la planqua dans sa veste. Le poids de l’arme la gênait un peu, mais ça avait un côté rassurant.

Le trajet se fit sans encombres. Amandine n’en revenait pas de ce qu’elle était en train de vivre. Elle n’avait envisagé qu’un bref instant d’aller tout raconter à la police. Qui la croirait ? Elle pensa aussi à tout laisser tomber et à rentrer chez elle, passer un coup de fil à la DRH et démissionner. Mais elle était trop impliquée, ils ne la laisseraient certainement pas filer comme ça. De plus, quelque chose la poussait à finir cette mission. Elle se remémora une expérience qui était passé à la télé, dans laquelle des candidats  soumis à la pression du présentateur d’un jeu fictif  finissaient par torturer une personne à coups de chocs électriques. C’était ce qui était en train de lui arriver, elle ne parvenait plus à prendre du recul.

Elle arriva à Bourges en fin d’après midi. Il faisait gris et anormalement froid en cette période d’avril. Le GPS intégré à l’utilitaire lui indiqua où se situaient les locaux d’ERDF. La présence de l’appareil de guidage était plutôt étrange dans ce vieux véhicule, mais il faisait parfaitement l’affaire d’Amandine.

Elle se gara dans la cour d’ERDF, entourée de bâtiments bas, gris et plutôt vétustes. La jeune femme se dirigea vers ce qui ressemblait le plus à un accueil, mais il était désert. Elle ne disposait que du prénom du Technicien, Rodolphe. S’avançant dans le bâtiment, elle finit par appeler à voix haute. Un silence pesant lui répondit, seulement coupé par les aboiements lointains d’un chien dans le voisinage.

« – Il y a quelqu’un ? Je cherche Rodolphe !  »

Alors qu’Amandine commençait à se dire qu’elle avait fait le trajet pour rien, une voix masculine lui répondit :

« – Par ici, avancez vers le fond ! »

La pièce était encombrée de papiers, de pièces, de câbles. Dans un coin trônait un énorme ordinateur qui semblait dater de la préhistoire de l’informatique. Amandine se dit que l’occupant des lieux devait rarement faire le ménage, vu l’odeur qui régnait dans le bureau. Probablement un rat crevé, ou de la nourriture pourrie. Le propriétaire du bureau était un grand black vêtu d’un bleu de travail. Il n’avait pas l’air particulièrement dangereux, mais Amandine avait appris à se méfier de tout le monde ici.

« – Qu’est-ce que vous voulez ? Comment avez-vous eu mon nom ? », demanda l’homme avec un soupçon d’agressivité dans la voix.

« – Je… je suis venue pour une histoire d’autorisation de travail sous tension. J’ai un client qui attend que vous envoyiez cette autorisation à un de nos sous-traitants afin qu’il puisse finir de câbler jusqu’à son domicile.

– Et pourquoi êtes-vous venue en personne ?

– Et bien… je ne sais pas trop… mon responsable… enfin c’est compliqué.

– Bien. Je vais consulter mes mails, ça fait deux semaines que je ne l’ai pas fait, je suppose que la demande est dedans…

– Deux semaines ?! Mais vous travaillez souvent par mail ?

– Je ne travaille QUE par mails. »

Amandine était scandalisée. Elle avait failli se faire tuer et son responsable avait disparu seulement parce qu’un crétin n’ouvrait pas ses mails :

« – Vous vous foutez de moi ?! Vous avez une vague idée de ce que j’ai dû faire pour arriver jusqu’ici ?

– Hé ho, un ton plus bas ! Vous voulez peut-être le faire à ma place ? « , demanda l’homme avec un étrange sourire.

Ses dents parfaitement blanches contrastaient avec sa peau, lui faisant un sourire éclatant. Amandine remarqua qu’il portait un collier fait avec des pierres étranges, qui ressemblaient à… des dents. Il avait des vaisseaux sanguins éclatés dans ses yeux, lui faisant des yeux un peu rouges.

« – Je… Non, allez-y. », dit-elle.

« – Mademoiselle, je vais devoir insister. Ouvrez donc ma messagerie.

– Mais enfin pourquoi ? Je n’ai même pas votre mot de passe. Et puis c’est votre boulot quand même ! »

Le sourire éclatant s’élargit encore. Il semblait très satisfait de ce qu’Amandine venait de dire.

« – Mademoiselle, cet ordinateur ne demande pas de mot de passe. Il fonctionne avec… autre chose.

– Pardon ? Vous n’avez aucune sécurité sur cet ordi ?

– Oh mais si ! Et bien plus efficace que tous les mots de passe du monde… Cette machine demande un sacrifice lorsqu’on veut l’utiliser.

– Un quoi ? Ça n’a aucun sens !

– Ce truc réclame sa ration de viande ! Vous voulez accéder à vos documents ? il vous prend un doigt ! Vous voulez envoyer un mail, dites adieux à un de vos orteils !

– Mais c’est ridicule, qui pourrait utiliser une telle machine ?!

– Nous n’avons pas le choix. Si j’ai bien compris, il y a eu à un moment une tentative de prise de pouvoir de toute la Maison par les Techniciens. Je n’étais pas encore là quand c’est arrivé, et on ne s’appelait même pas encore ERDF, mais il paraît que ça a été sanglant. La Direction a finit par l’emporter, et les Techniciens ont été… punis. Le PDG a fait installer ces ordinateurs spécialement conçus pour nous en nous disant que lorsqu’on voulait accéder au sommet, il fallait être prêt à faire des sacrifices.

– Mais comment vous faites ? Je veux dire, vous ne pouvez pas vous laisser couper tous les doigts par cet engin !

– Nous avons fini par trouver une parade. La machine accepte n’importe quoi du moment que c’est de la viande. Et que c’est vivant. Nous lui donnons des chats et des chiens, des rats, parfois des oisillons quand nous en attrapons. J’ai vu que vous aviez remarqué mon collier, vous savez d’où viennent ces dents à présent…

– Mais c’est répugnant !

– Vous trouvez plus choquants que nous donnions des animaux à manger à cet ordinateur plutôt qu’une part de nous-même ? Vous devez être du genre à regarder les films d’action dans lequel des tas de gens meurent sans sourciller, mais à ne pas pouvoir supporter qu’on vous montre un animal qui souffre dans 30 millions d’amis… »

Amandine ne répondit pas. Ce type avait raison, elle trouvait plus choquant de voir un animal souffrir qu’un humain. Et à bien y réfléchir, la plupart des gens pensaient comme elle. Rodolphe ne souriait plus à présent. Il continua :

« – Bien sûr, il y a le rite d’initiation…

– Quel rite ?

– Lorsqu’un nouvel employé est intégré au corps des Techniciens, il doit passer l’initiation. Il doit sacrifier un de ses doigts à l’ordinateur.

– Mais c’est horrible ! Et vous l’avez fait ?

– Bien sûr. Refuser l’initiation reviendrait à finir comme un chat ou un chien, si vous voyez ce que je veux dire…

– Mais vos doigts…

– Une prothèse. Nous sommes parfois en contact avec les clients, ils ne doivent rien savoir. Imaginez que quelqu’un remarque qu’aucun des Techs d’ERDF n’a d’auriculaire à la main gauche ? Ce serait une catastrophe !

– Bon… et bien donnez un rat à cet ordinateur, qu’on en finisse ! »

Cette fois le sourire de Rodolphe fut tellement immense qu’on aurait cru qu’il lui coupait le visage en deux.

« – Vous ne m’avez pas compris… Vous vouliez entrer dans notre univers, vous allez y être initiée…

– Quoi ? Mais… Non, jamais ! Je ne me ferai pas couper de doigt par cette monstruosité !

– Pensiez-vous vraiment avoir le choix, mademoiselle ? », demanda une autre voix derrière elle.

Lorsqu’Amandine se retourna, plusieurs Techniciens lui barraient le passage. Elle envisagea un instant de sortir son arme, mais elle ne pourrait tous les tenir à l’écart. Tant pis, elle devait essayer. Elle plongea la main dans sa veste, mais Rodolphe lui attrapa le bras avant qu’elle ne puisse atteindre l’arme de poing. Avec un ricanement, il prit le pistolet et le jeta sur une pile de paperasse.

« – Ne vous inquiétez pas, ce n’est pas aussi douloureux que ça en a l’air… », lui dit-il en la forçant à introduire son petit doigts gauche dans une ouverture sur le côté de l’ordinateur.

Les autres Techniciens les entouraient, lançant des moqueries et des insultes. Amandine tenta de lutter, essayant de mordre Rodolphe. Celui-ci lui mit une gifle qui la sonna. Elle cessa de se débattre et ferma les yeux, priant pour se réveiller de ce cauchemar.

La sensation de fraicheur au niveau de son doigt fut rapidement remplacée par la douleur. Rouvrant les yeux, elle vit que son auriculaire gauche avait été sectionné au niveau de la deuxième phalange. Un technicien lui enroula un pansement autour de ce qui restait du doigt, et lui fit une piqûre. Alors qu’elle sursautait, il lui lança laconiquement :

« – C’est pour éviter l’infection. Ça évitera de devoir couper la main entière plus tard… ».

Rodolphe s’assit devant l’ordinateur et consulta sa messagerie. Un email du sous-traitant était en effet en attente. Ignorant les nombreux autres messages, il renvoya l’autorisation et se tourna vers la jeune femme :

« – Et voilà ! Satisfaite ? »

Amandine ne répondit pas. Les autres Techniciens s’en allaient, le spectacle était fini. Rodolphe continuait de consulter ses emails, sans plus lui prêter d’attention.

Lorsqu’il releva la tête, il se trouvait du mauvais côté du pistolet. A cette distance, Amandine fut éclaboussée par la cervelle du Technicien lorsqu’elle appuya sur la détente.

N’attendant pas l’arrivée des collègues de Rodolphe, elle fit feu sur une grande fenêtre rendue opaque par la crasse et se jeta dehors. Il faisait presque nuit, mais le parking était éclairé. Elle repéra l’utilitaire de la femme de ménage et se rua à l’intérieur.

En deux heures et demi elle était de retour chez elle, en banlieue parisienne.

Épilogue :

L’homme en costume élégant regarda son interlocutrice. Ils se connaissaient depuis longtemps, ils travaillaient souvent ensemble. La plupart du temps sur des dossiers sensibles dont l’issue était fatale à plusieurs employés.

« – Annie, vous comprenez que nous devions en arriver là. Nous ne les contrôlions plus, il fallait leur envoyer un avertissement. Ça valait bien ces quatre morts.

– Mais pourquoi l’impliquer elle ? Elle ne savait rien, elle ne méritait pas tout ce qui lui est arrivé.

– Il ne fallait pas qu’ils se doutent que nous tirions les ficelles en coulisse. Personne ne pourra jamais la relier à nous.

– A vous peut-être, mais s’ils veulent vraiment savoir ils remonteront jusqu’à moi !

– Vous vous êtes tirée de situations plus épineuses que ça, ma chère Annie.

– Je n’aime pas ce boulot.

– Et pourtant vous le faites tellement bien. Si vous n’aviez pas eu l’idée de  ces ordinateurs en 2004, nous aurions bien plus de soucis avec les Techniciens. Comment ça vous est venu d’ailleurs ?

– Lorsqu’ils ont tenté de prendre ce bâtiment, mon mari était en première ligne. Il l’ont démembré sous les fenêtres du Comité d’Administration pour montrer leur détermination. Jean-Michel n’était pas un saint, loin de là. Mais c’était mon mari et je l’aimais.

– Je comprends. Écoutez, prenez un congé, allez voir vos petits-enfants, changez-vous les idées et revenez-nous en forme !

– Merci Henri, mais je suis lasse de tous ces complots. Je ne pense pas revenir de ces vacances. Et puis cette petite était touchante. Elle n’avait rien à faire là.

– Avez-vous lu la presse locale de ce matin ? On y parle d’une jeune joggueuse retrouvée morte dans un parc. Avec un doigt manquant. L’oeuvre d’un pervers, probablement…

– Si vous voulez parler de celui qui l’a manipulée, c’est indéniable. Au revoir Henri.

– Au revoir Annie. »

La petite femme de ménage sans âge se leva et sortit du bureau. Faire le ménage pouvait recouvrir plusieurs significations, et Annie excellait dans toutes. Toutefois, se débarrasser de cette jeune femme lui avait été pénible. Elle s’était rendue chez elle, avait accepté son invitation à entrer et son café, l’avait écouté raconter son histoire en sanglotant, elle l’avait réconforté et pris dans ses bras. Puis elle l’avait étouffée dans un sac plastique. Dieu merci, on ne lui avait pas demandé de faire croire à un viol.

L’homme en costume élégant nommé Henri regarda Annie sortir du bureau. Il se dit qu’un jour il faudrait régler le cas de cette femme, avant qu’elle ne craque. Mais éliminer une tueuse aussi talentueuse et rusée qu’Annie n’allait pas être une mince affaire. Mais il faudrait le faire pour conserver le secret sur cette entreprise. Après tout il ne faisait que servir la France et les français, en permettant à la fée électricité de s’introduire dans tous les foyers.

Ce n’est pas parce qu’on aime la viande qu’on a envie de connaître la vache à qui elle appartient, dit-on. C’était exactement la même chose avec l’électricité. Moins les gens étaient au courant, mieux on pourrait leur en fournir.

Post-Note : Tout ça pour vous dire qu’on n’a toujours pas d’électricité, à cause d’une autorisation de travailler sous tension qui n’a pas été délivrée au sous-traitant pourtant mandaté par ERDF pour effectuer les travaux. Et derrière il va falloir batailler avec EDF pour avoir un rendez-vous de mise en service rapidement. Oh, j’ai omis de vous dire que nous emménageons samedi 28 avril, dans trois jours…

Post-Post-Note : le hasard fait étrangement les choses, tout vient de se débloquer au moment de mettre en ligne cette note. Nous aurons l’électricité le 2 mai… 

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Le requin, un poisson méconnu https://www.inoffensif.net/blog/le-requin-un-poisson-meconnu https://www.inoffensif.net/blog/le-requin-un-poisson-meconnu#comments Fri, 05 Aug 2011 10:47:34 +0000 http://www.driczone.net/blog/?p=1054 Albane me faisait part hier (en omettant malencontreusement de ne pas le répéter) de sa peur de l’eau et des attaques de requins en mer. Pour info, nous aurons un contact avec l’océan atlantique aux Sables d’Olonne, ce qui comme chacun sait est un coin à requins féroces et mangeurs de gens.

Ma connaissance des requins se limite à Nemo de Pixar et  l’intégrale des Dents de la Mer. Je n’ai malheureusement pas pu visionner le documentaire exceptionnel Gang de Requins,

Continue Reading]]> Albane me faisait part hier (en omettant malencontreusement de ne pas le répéter) de sa peur de l’eau et des attaques de requins en mer. Pour info, nous aurons un contact avec l’océan atlantique aux Sables d’Olonne, ce qui comme chacun sait est un coin à requins féroces et mangeurs de gens.

Ma connaissance des requins se limite à Nemo de Pixar et  l’intégrale des Dents de la Mer. Je n’ai malheureusement pas pu visionner le documentaire exceptionnel Gang de Requins, aussi je vous prie d’excuser les lacunes que je peux avoir dans ce domaine.

Je vous propose donc quelques endroits où il convient de faire attention aux requins :

Un requin se cache dans cette image, saurez-vous le retrouver ?

1- La plage :

Je commence par le plus évident.  Les requins n’ont pas de jambes, ce qui rend problématique le fait d’aller happer de jeunes enfants qui jouent sur le sable. Le requin a donc développé des stratégies d’une fourberie peu commune, puisqu’il est capable d’imiter Hello Kitty à la perfection pour attirer les jeunes filles. Les jeunes garçons sont naturellement attirés par tout ce qui leur est interdit, aussi il sufit à notre ami requin d’ouvrir la gueule et de placer à côté : « entrée interdite, danger, vous allez tous mourir ». Notons que le requin est fourbe mais qu’il ne ment pas.

 

2- L’autoroute :

Le requin nage très vite, et remonter une rivière d’asphalte ne lui fait pas peur. Les requins ayant rarement leur permis, ils ne mettent jamais leur clignotant avant de doubler et conduisent parfois à contresens. Les squales étant attirés par les voitures en excès de vitesse, il vous suffit de vous maintenir dans la légalité. ce comportement pour le moins surprenant tient au fait que d’après l’Institut d’Etude des Comportements Marins en milieu Routier, les squales sont tellement efficaces sur du bitume qu’ils vont sélectionner en priorité les proies qui ne les obligent pas à ralentir. Les biologistes pensent que le requin a des freins insuffisants au vu de sa vitesse de croisière.

Chérie, passe-moi l'après-shampoing veux-tu ?

3- La baignoire :

On sous-estime gravement la capacité des requins à surgir dans les baignoires. Et le fait que ça vous semble complètement impossible ne veut pas dire que ça l’est. Après tout, au début du siècle personne n’aurait pensé qu’il était possible d’avoir une coupe de cheveux comme Justin Bieber ou même Tokio Hotel. Pour éviter de finir dévoré, jetez votre chat ou votre chien dans la baignoire avant d’y entrer. Mieux vaut que Kiki finisse bouffé que vous.

4- La piscine :

Là vous ne risquez rien, le requin n’aime pas le chlore. En revanche méfiez-vous des petits vieux qui font des longueurs et des enfants incontinents.

5- En avion :

Le requin a des ailerons, c’est bien pour pouvoir voler. Néanmoins, le requin peine à trouver suffisamment d’eau en haute altitude pour pouvoir respirer, aussi préfère-t-il rester à moins de 100m du niveau de la mer. De plus le vent lui pique les yeux, donc à moins qu’il n’arrive à se procurer des lunettes vous en verrez peu en vol.

6- Dans un fast-food :

Le requin est comme tout le monde, il ne dédaigne pas se faire un petit Mc-Do de temps en temps. Il prendra de préférence un Happy Meal, parce que le requin adore les jouets. Cette passion peut d’ailleurs vous sauver la mise, puisqu’en cas de poursuite vous n’aurez qu’à lui jeter au choix le jouet de votre gamin, ou bien votre gamin1

Hubert est marseillais : la preuve, il essaie de nous faire croire qu'il peut manger de la soupe avec des baguettes.

7- Dans votre soupe :

La soupe d’aileron de requin est parait-il très bonne. Je n’y ai jamais goûté, donc je ne sais pas. Niveau menace on est assez tranquille, mais méfiez-vous quand même de la soupe trop chaude, ça brûle le palais.

8- Sur un grand huit :

Le requin est très friand de sensations fortes, même s’il préfère les provoquer que les subir. On a rapporté pas moins de 800 attaques de requins sur des attractions à sensations fortes l’année dernière. Le célèbre biologiste marin Andrew Fortesco, qui a passé l’essentiel de son doctorat à boire des tequilas dans les bars sordides du Texas, affirme que les squales préfèrent largement les attractions contenant la lettre R.

9- Dans l’espace :

Dans l’espace, personne ne vous entendra crier. Bien qu’il n’y ait aucune attaque de requins recensée dans l’histoire de la conquête spatiale humaine, il n’est pas prouvé que vous ne puissiez pas subir d’attaques. Dans le doute, restez sur le plancher des vaches, vous serez au moins à l’abri des abordages par des vaisseaux aliens belliqueux.

10- Dans la mer :

Soyons sérieux, le mythe des requins qui vivent dans l’océan est ridicule. Le requin déteste l’eau salée car ça lui brûle les yeux. D’ailleurs faites le test vous même, vous verrez bien qu’on ne peut décemment pas vivre dans l’océan. C’est froid, humide, on y voit rien, le sel ça irrite, y a plein de bêtes… Non vraiment, la mer c’est nul.

 

J’espère qu’avec ces quelques points vous saurez au mieux vous préparer aux agressions de requins, qui comme chacun sait sont des brutes sanguinaires qui tuent pour le plaisir de déchiqueter des gens avec leurs terribles mâchoires.

 

Note : il est bien évident que tout ce qui est écrit ci-dessus est un ramassis d’âneries. Les faits, les voilà : les requins ne sont agressifs avec les humains que si on les emmerde en premier, que si vous ressemblez à leurs habitudes alimentaires (surfeurs) ou s’ils sont excités par l’odeur du sang. Le requin a peur de l’Homme, probablement autant que l’Homme a peur du requin.

Et sachez qu’un requin a plus de chances de se faire tuer ou agresser par un humain que l’inverse (via la pêche industrielle ou sportive).

Sur ce, bonnes vacances pour les veinards, et bon courage pour les pas veinards. Si vous avez d’autres conseils en matière de requins, je suis preneur dans les commentaires. 


  1. Pour savoir lequel des deux sacrifier, il suffit de se fier au volume sonore : le plus bruyant est à éliminer. 

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La vérité sur les aliens https://www.inoffensif.net/blog/la-verite-sur-les-aliens https://www.inoffensif.net/blog/la-verite-sur-les-aliens#comments Thu, 23 Jun 2011 15:02:35 +0000 http://www.driczone.net/blog/?p=1034 Je vais vous parler aujourd’hui d’un sujet hautement important1 : les extra-terrestres.

Nous n’allons pas parler de tous les extra-terrestres mais nous focaliser sur ceux qui se sont lamentablement écrasés une nuit de 1947 à Roswell (Nouveau-Mexique) alors qu’ils rentraient d’une tournée des bars en l’honneur de Roger l’ET (Extra-Terrestre) qui allait se marier avec une jolie tentacule verte la semaine suivante. Ce qui me donne l’occasion de vous rappeler que premièrement l’alcool au volant c’est mal, et que  deuxièmement il

Continue Reading]]> Je vais vous parler aujourd’hui d’un sujet hautement important1 : les extra-terrestres.

Nous n’allons pas parler de tous les extra-terrestres mais nous focaliser sur ceux qui se sont lamentablement écrasés une nuit de 1947 à Roswell (Nouveau-Mexique) alors qu’ils rentraient d’une tournée des bars en l’honneur de Roger l’ET (Extra-Terrestre) qui allait se marier avec une jolie tentacule verte la semaine suivante. Ce qui me donne l’occasion de vous rappeler que premièrement l’alcool au volant c’est mal, et que  deuxièmement il est bien connu qu’épouser un truc vert porte malheur.

Comme vous le savez sûrement, cet incident à peine digne de figurer dans les faits divers d’un journal local continue d’alimenter des folles rumeurs de la part de gens tellement étranges qu’ils feraient passer les Extra-terrestres pour des gens socialement bien intégrés. On a même eu droit à une autopsie d’ET qui était superbement bidonnée.

La plupart des gens s’en foutent, mais parmi ceux que ça intéresse beaucoup pensent qu’on est certainement pas tout seuls dans l’Univers. Ce qui rend la thèse des ET bourrés qui se sont plantés dans un platane tout à fait plausible.

Si on part du postulat que la vie intelligente existe ailleurs que sur notre planète, et que cette vie a les moyens de se balader dans l’espace inter-sidéral, qu’irait-elle foutre sur une planète où des primates à peine descendus de leur arbre en sont encore à essayer de savoir qui de l’éléphant ou du rhinocéros est le plus balèze. Les ET répondraient d’ailleurs que même en associant un éléphant à un rhinocéros ils seraient moins balèzes qu’un Sglormuk Veniarque, qui est comme chacun sait la créature la plus balèze de l’Univers. Ce qui rend le débat caduque.

Programme d'échange de femelles dans le cadre du développement du tourisme sexuel inter-planétaire

Ces ET n’ont donc objectivement aucune raison de se rendre par chez nous. Les humains sont notoirement bruyants, ils envoient des signaux à tire-larigot sans se soucier de la pollution des ondes et leurs pornos n’exciteraient même pas un panda. Pire, ils tiennent des blogs dans lesquels ils causent de trucs futiles.

Et pourtant, d’après les témoignages de gens au taux d’alcool pas trop élevé, des tas d’ET sont déjà venus nous voir. Vous vous en doutez, j’ai une théorie à ce sujet : les ET qu’on voit débouler chez nous sont des déchets, des asociaux, des pervers venus tester leurs dernières sondes anales et des pseudo-scientifiques qui se disent que l’étude de ces mammifères dont les mamelles sont parfois en plastique sont un sujet de thèse facile et qui ne demande pas trop d’efforts.

A l’image des occidentaux qui parcourent le tiers-monde comme des clodos parce qu’ils pensent que ça améliorera leur karma et que la rencontre avec les pauvres leur ouvrira l’esprit en les forçant à partager le peu qu’ils ont avec des étrangers qui pourraient gagner en 1 heure dans leur pays capitaliste ce que eux gagnent en une semaine dans leur contrée merdique, on se coltine donc des aliens alter-mondialistes en vadrouille, venus dans leurs poubelles de l’espace pour rencontrer des pauvres. Sauf que comme les humains sont passablement égoïstes et xénophobes, la principale réaction qu’ils rencontrent est hostile à leur égard.

Ce qui fait que ce qu’on prend pour de la haute technologie extra-terrestre est en fait un reliquat délabré de ce qui se faisait il y a quelques siècles. A titre de comparaison, c’est comme si on présentait à un homme de néandertal2 un minitel3 en lui disant que c’est le must de la communication. Je vous accorde que pour lui ça serait un sacré bond technologique en avant, mais n’empêche qu’on se serait bien foutu de lui à l’heure de nos smartphones.

Et si encore ils en profitaient pour balancer des messages écolos genre « Ne bousillez pas votre planète, toutes les autres sont déjà prises » ou « Vous pourriez pas baisser la radio ? On entend que vous dans tout le Système Solaire ! », ils serviraient au moins à quelque chose. Mais même pas. Désespérants d’inutilité…

Où en étais-je donc… Ah oui, Roswell. Je suis spontanément tenté de dire que même en tant qu’humain, Roswell est un coin paumé plein de bouseux d’un attrait touristique totalement nul. Donc pour que des ET aillent s’écraser là-bas, c’est qu’ils avaient une sacrément bonne raison d’y aller. Genre ils faisaient du trafic de drogue, de caca de panda, de furets ou une collection sous le manteau des meilleurs blagues mexicaines. Ou pire, ils contrefaisaient des DVD4. Vous conviendrez avec moi de la patibularité de ces individus aliens, des gens peu fréquentables que vous ne présenteriez pas à vos parents mesdemoiselles (surtout que même si les sex-toys se sont largement démocratisés, c’est toujours délicat d’avouer à ses géniteurs son goût pour les sondes en vigueur chez les extra-terrestres).

Ce qui fait que je ne comprend pas très bien que les ufologues puissent s’extasier de la venue sur notre planète de délinquants ou de paumés. Et pour vous prouver que mon raisonnement est juste, ces mêmes ET en sont réduits à jouer dans une pub pour Canal+ dans une tenue que même notre défunt Carlos aurait réprouvé. Si c’est un signe d’intelligence supérieure, je préfère rester con.


  1. Je ne sais pas pourquoi je précise à chaque fois que c’est important, étant donné que les sujets de toutes mes notes sont de la plus extrême importance, à l’exception de celles sur les chats peut-être. 

  2. Qui avait paraît-il un plus gros cerveau que Cro-Magnon. Comme quoi y a pas que la taille qui compte. En tout cas pas celle du cerveau. 

  3. J’aurais pu prendre en exemple le télégraphe, mais c’eut été passer sous silence cette formidable invention française qu’est le minitel. En plus le télégraphe c’est rien que du tam-tam ou des signaux de fumée transformés en signaux électriques. 

  4. Je sais c’est idiot vu que les DVD n’existaient pas en 1947. Et vu que la technologie a plutôt été conçue au Japon, ça ne peut pas provenir d’eux. On va dire que je ne suis pas à une incohérence près. 

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Mon premier spam japonais https://www.inoffensif.net/blog/mon-premier-spam-japonais https://www.inoffensif.net/blog/mon-premier-spam-japonais#comments Mon, 06 Sep 2010 15:09:35 +0000 http://www.driczone.net/blog/?p=545 Quand on ouvre un blog, il fat s’attendre à recevoir des spams et des messages plutôt étranges. J’ai reçu il y a peu de temps cet étrange missive via le formulaire de contact de mon blog :

Je vous en prie envoyer brochure, pamphlet nom Mitsu Nishiyama 1-49-8 Nagaoka Nagaoka-kyo City Kyoto 6170823  Japan

Je vous en prie envoyer piece de monnaie present Please send coins

Oui, je vous le recopie à la virgule près1. Tout d’abord agacé par la présence de ce spam, j’ai failli le supprimer sans

Continue Reading]]> Quand on ouvre un blog, il fat s’attendre à recevoir des spams et des messages plutôt étranges. J’ai reçu il y a peu de temps cet étrange missive via le formulaire de contact de mon blog :

Je vous en prie envoyer brochure, pamphlet
nom
Mitsu Nishiyama
1-49-8 Nagaoka
Nagaoka-kyo City
Kyoto 6170823  Japan

Je vous en prie envoyer piece de monnaie present
Please send coins

Oui, je vous le recopie à la virgule près1. Tout d’abord agacé par la présence de ce spam, j’ai failli le supprimer sans autre forme de procès. Fou que je suis. Au moment de cliquer sur « Supprimer », le doute m’assaille (comme les guerriers du même nom – jeu de mots foireux inside2). Diantre, mais c’est une adresse nippone !

Vu qu'on parle de japon, autant mettre une image de manga

C’est mon premier spam japonais ! Peut-être même n’est-ce pas un spam du coup, et une réelle demande à l’aide. Étudions donc ce message ensemble :

Il est signé Mitsu Nishiyama,  que je connais ni d’Eve ni d’avant. Une brève recherche sur Google nous apprend que ce mystérieux correspondant (qui est à priori une femme, vu qu’une recherche sur Mitsu renvoie à des femmes) poste des demandes en toutes les langues sur toutes sortes de sites web. Aucun profil de ce nom sur Facebook non plus.

Bon, à part que cette personne sait se servir d’un clavier et du traducteur de texte de Google, nous n’en savons pas plus.

Que veut cette personne ? Voilà une bonne question. Elle demande dans la première phrase que je lui envoie la brochure ou le pamphlet. Je ne pensais pas que mon blog était subversif au point de considérer mes notes comme autre chose que du caca de panda des pamphlets. Mais à la fin du message, surprise : en fait on tente bel et bien de me taxer des sous. Mais alors que d’habitude sur Internet on nous demande plutôt des dons via Paypal ou notre numéro de carte bleue, ici on travaille à l’ancienne, avec des espèces sonnantes et trébuchantes. En fait c’est totalement le principe des gens qui vous abordent à la sortie des supermarchés pour une pétition insignifiante, et qui finissent par vous demander des sous pour pouvoir apposer votre signature sur leur pétition bidon, souvent en rapport avec une cause humanitaire qui permettra au mieux à la personne devant vous de partir en vacances à vos frais. Sauf que par Internet c’est doublement gonflé, puisqu’il faut en plus payer un colis au tarif international pour envoyer des pièces de monnaie. Pourquoi des pièces de monnaie ? Me refusant à croire à une mauvaise traduction du mot argent en japonais, je soupçonne que cette dame soit en réalité une numismate.

Tournons-nous à présent vers l’adresse postale. Il est impossible à un occidental de base de retrouver une adresse au Japon, tellement leur découpage est tordu. Déjà, il faut savoir qu’il n’y a en général pas de nom de rue au Japon. Ce site suisse explique du mieux qu’il peut comment fonctionne les adresses nippones : http://www.nihon-zen.ch/vie_numerotation_rue.htm

Inutile donc de chercher sur Google Maps, vous allez droit à l’échec. Cependant Diddlefinger est une rude invention webbistique qui permet de faire le lien entre une adresse japonaise et sa localisation dans le monde réel, et voici donc l’adresse exportée sur Google Map : Mitsu Nishiyama.

Ah ah, l’étau se resserre… Que voyons-nous donc ? Un pavillon en L à la toiture traditionnelle, qui a l’air assez grand tout de même. Ça confirme que cette demande d’argent n’a pas pour but premier de s’enrichir, mais plutôt de récupérer de échantillons de toutes les monnaies du Monde. Cette demande bien que maladroite me va droit a coeur, aussi je m’adresse à Mme Mitsu Nishiyama :

Madame, je vous envoie un exemplaire de toutes nos pièces de monnaie. Comme je sens une grande sincérité de votre part, je vais aussi vous envoyer un exemplaire de chacun de nos billets de banque. Ainsi que mon numéro de carte bleue, au cas où les vôtres soient différents. En ce qui concerne mes brochures je vous conseille d’imprimer le plus possible d’exemplaires de mes articles de blog, ceux-ci valant individuellement des millions d’euros. Si vous ne parvenez pas à les revendre auprès des blogophiles, renvoyez-les moi et je vous dédommagerai à hauteur de 200 000€/article, ne pouvant me permettre de vous en offrir plus.

Je voue embrasse respectueusement, votre dévoué Dric.

Ou alors… ou alors les spammeurs japoniais prennent le reste du Monde pour des truffes. Et si ça se trouve, ils sont en chemise avec des Yakusas qui vont venir me casser la gueule pour avoir révélé à tout le monde où ils habitent.


  1. Ce qui n’est pas très compliqué étant donné qu’il n’y a qu’une seule virgule dans ce message. 

  2. Je suis bien obligé de les indiquer étant donné qu’une partie de mon lectorat est malheureusement totalement hermétique à ce genre de subtilités linguistiques. 

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Votre assureur vous veut du bien https://www.inoffensif.net/blog/votre-assureur-vous-veut-du-bien https://www.inoffensif.net/blog/votre-assureur-vous-veut-du-bien#comments Tue, 29 Jun 2010 12:16:00 +0000 http://www.driczone.net/blog/votre-assureur-vous-veut-du-bien On mesure rarement tous les risques qu’on prend au quotidien. Tenez, rien qu’en sortant de chez vous vous pourriez vous faire renverser par un camion, vous faire attaquer par un extra-terrestre ou vous faire aplatir par un avion dont les moteurs sont tombés en panne et qui aurait le bon goût de venir s’écraser sur votre petite personne.

C’est pour cela que des gens forcément bien intentionnés ont inventé les assurances. Passons sur l’hypocrisie de ce milieu, dont la plus flagrante

Continue Reading]]> On mesure rarement tous les risques qu’on prend au quotidien. Tenez, rien qu’en sortant de chez vous vous pourriez vous faire renverser par un camion, vous faire attaquer par un extra-terrestre ou vous faire aplatir par un avion dont les moteurs sont tombés en panne et qui aurait le bon goût de venir s’écraser sur votre petite personne.

C’est pour cela que des gens forcément bien intentionnés ont inventé les assurances. Passons sur l’hypocrisie de ce milieu, dont la plus flagrante est que l’assurance-vie ne vous garanti absolument pas contre la mort. De toute façon il vous tombera toujours une tuile sur la tête qui ne sera pas couverte par la flopée d’assurances auxquelles vous aurez souscrites. Le calcul d’un assureur est simple, vous devez lui filer un maximum de sous qu’il essaiera de ne jamais vous rendre. De fait, personne ne vous souhaite autant de bonheur et de bonne santé que votre assureur, car moins vous avez de soucis moins vous lui coûtez.

Il est bien entendu que les assureurs n’ont pas affaire qu’à des gens qui vivront centenaires sans aucun souci, qui n’auront jamais d’accident de voiture ou d’infiltration d’eau dans le plafond, sans se faire cambrioler ou avoir un appareil qui tombe en panne. Le problème fut soulevé à l’Assemblée Générale du Club Secret des Compagnies d’Assurances en 1612, association regroupant la plupart des assureurs depuis l’invention de ce métier1. Le débat fut houleux, bien que très calme comparé au fameux Congrès Scientifique de l’Académie de Boston en 1902, pendant lequel on essaya de trancher la question de savoir qui était le plus balèze entre un éléphant et un rhinocéros2.

Un petit malin, fondateur d’une compagnie d’assurance assurant les autres compagnies d’assurances (ne rigolez pas, ça existe vraiment et c’est le principe de la réassurance) proposa la mise en place de clauses suspensives qui permettrait de filer par la porte de derrière en cas de réclamation de dédommagement de la part des assurés-clients.

Evidemment les clauses suspensives furent d’abord totalement farfelues. Parmi les milliers de contrat-types répertoriés dans les archives de la Bibliothèque Secrète du Club Secret des Compagnies d’Assurances3, on trouve notamment ces clauses rédigées par une compagnie peu scrupuleuse peu après cette assemblée :

Sont exclus des sinistres :

– Les accidents de circulation, quelque soit l’implication de l’assuré dans ceux-ci.

– Les sinistres survenus en dehors du domicile de l’assuré.

– Les intimidations et manœuvres de recouvrement commises par un usurier auprès duquel l’assuré a contracté un emprunt, quelque soit le niveau de violence exercé.

– Les condamnations à mort, quelque soit la culpabilité de l’assuré dans l’affaire qui a mené à prononcer cette condamnation.

– Les sinistres survenus à l’intérieur du domicile de l’assuré.

– Les rixes ou duels, quelque soit la volonté de l’assuré d’y participer.

– Les vols et pertes de marchandises, au titre que l’organisme assureur ne peut vérifier la bonne foi de l’assuré. Le principe de précaution s’applique alors et l’assuré est considéré comme fraudeur à l’assurance, à laquelle il devra des indemnités compensatoires pour fausse déclaration de sinistre.

Puis les Chefs d’Etat entreprirent de mettre un peu leur nez veiné de sang bleu (ils étaient tous rois ou empereurs) dans tout ceci, et de modérer un peu les ardeurs des assureurs envers leurs assurés, d’autant que même un roi doit être assuré. On se souvient tous du 1er mars 1720, où Frédéric de Suède alors Roi depuis un jour seulement se fit entarter par un Prussien revanchard. Malgré les réclamations du monarque, son assurance refusa de le dédommager pour le nettoyage de sa perruque pleine de crème pâtissière, sous prétexte que cet incident était survenu le premier jour du mois et que c’était une clause suspensive. Suite à cet évènement il fut décrété que les entartages seraient punis de mort4 et que les clauses suspensives devraient désormais être “raisonnables”,  sans quoi il y aurait des têtes qui tomberaient et sans aucune indemnité qui plus est.

Bien évidemment les assureurs firent “oui oui” de la tête avec un air contrit, et n’en firent tout de même qu’à leur tête. C’est ainsi que 290 ans plus tard j’ai trouvé la chose suivante sur mon contrat d’assurances de la banque chez qui je viens d’ouvrir un compte :

Je décerne donc le Prix Spécial de Globalement Inoffensif à l’auteur de ce contrat d’assurance bancaire. D’autant que cette clause ne veut rien dire, puisque tout atome a un noyau. Je rappelle tout de même que l’Univers est constitué d’atomes (qui sont eux même constitué de nucléons, eux-mêmes composés de quarks et de gluons), et qu’on ne mentionne pas dans la clause de quel noyau d’atome on parle. Ce qui permet virtuellement d’exclure n’importe quel sinistre puisque des désintégrations d’atomes, ça arrive tout le temps dans l’Univers.

Note du Rat de Bibliothèque à poils courts : En faisant mes recherches, j’ai découvert que cette mention apparaissait dans plusieurs contrats d’assurances. Je ne sais pas s’ils proviennent de la même compagnie à la base, mais l’ânerie est donc assez répandue.


  1. Les assurances existent depuis 4000 ans environ, on en trouve la trace chez les Babyloniens. 

  2. Les survivants jurèrent que plus jamais le Monde Scientifique n’aborderait la question, mais on sait tous que la question continue chaque année de provoquer des émeutes dans toutes les universités et colloques scientifiques. 

  3. Comme vous pouvez le constater, c’est une organisation qui cultive le culte du secret et de la discrétion. 

  4. Ce qui explique que ce phénomène ne soit revenu à la mode qu’après l’abolition de la peine de mort en Europe. 

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Quelques trucs à savoir sur les zombies https://www.inoffensif.net/blog/quelques-trucs-a-savoir-sur-les-zombies https://www.inoffensif.net/blog/quelques-trucs-a-savoir-sur-les-zombies#comments Tue, 18 May 2010 09:03:51 +0000 http://www.driczone.net/blog/?p=469 Le Zombie est un sujet passionnant, c’est un fait. Tout le monde sait ce qu’est un zombie, à savoir un mort-vivant qui ne pense qu’à bouffer les humains.

Oui les zombies font caca. Rarement sur des toilettes toutefois.

Les zombies tirent leur origine d’une pratique vaudou qui consiste à donner une super drogue à un mec qu’on enterre, qu’on déterre 24h plus tard et à qui on file d’autres drogues pour en faire un esclave aussi intelligent qu’une morue

Continue Reading]]> Le Zombie est un sujet passionnant, c’est un fait. Tout le monde sait ce qu’est un zombie, à savoir un mort-vivant qui ne pense qu’à bouffer les humains.

Oui les zombies font caca. Rarement sur des toilettes toutefois.

Les zombies tirent leur origine d’une pratique vaudou qui consiste à donner une super drogue à un mec qu’on enterre, qu’on déterre 24h plus tard et à qui on file d’autres drogues pour en faire un esclave aussi intelligent qu’une morue séchée (faut quand même être un sorcier vaudou 3è dan pour ça). Le pourcentage de réussite de cette opération dépend essentiellement de la résistance du gars à la première drogue, parce qu’ensuite entre le manque d’oxygénation du cerveau plus le traumatisme de tout ça la partie « lavage de cerveau » est relativement aisée. Le folklore occidental est assez bien fourni lui aussi en la matière puisqu’au moyen-âge et avant on ne voyait pas les fantômes comme des gentils Casper mais plutôt comme des cadavres réanimés. On laissait parfois des gourdins au chevet des morts afin de pouvoir les assommer s’ils se relevaient (le diagnostique vital étant alors assez peu fiable, ça pouvait arriver). La Bible, livre qui ne rigole pas, comporte même le premier zombie célèbre : le dénommé Lazare (c’est au chapitre 11 de l’évangile de Jean) qui fut ressuscité par le fiston de Dieu. On pourrait supposer que le deuxième était du coup Jésus himself, mais les illustrations en vigueur depuis cet évènement montrent clairement qu’il était loin d’avoir le style putréfactif classique des morts-vivants. Il n’entre donc pas dans la catégorie des zombies. Revenons au zombie de base, celui que tout le monde peut reconnaître du premier coup d’oeil.

1- Comment ça fonctionne un zombie ?

Disons-le tout net, les zombies sont des aberrations biologiques et c’est pourquoi on risque assez peu d’assister à une pandémie zombiale. Si on s’en tient au folklore, le zombie ne respire pas, son coeur ne bat pas, il est tout ce qu’il y a de plus mort. Sauf qu’il peut se déplacer, manger, baver et faire * aeugh, aeugh * . De plus, la seule façon de tuer un mort-vivant est de détruire son cerveau. Si on touche d’autres organes plutôt vitaux comme le coeur, les poumons, etc. ça ne l’arrête pas. Et surtout, un zombie peut vivre (si on peut dire ça) pendant des années avant de tomber de putréfaction. Le zombie a tout le temps faim, et il a apparemment une nette préférence pour ses anciens congénères. Le sang de zombie est très épais et très sombre. Le zombie ne ressent pas la douleur ni d’autres sensations que la faim.

Notre avis : Il semble hautement improbable que les organes vitaux ne fonctionnent pas chez un zombie. Pour se mouvoir les muscles doivent avoir accès à de l’oxygène, qui sera forcément respiré et acheminé par le sang. Donc le cœur et les poumons doivent fonctionner. De plus essayez donc de faire *aeugh aeugh* sans expirer, c’est impossible. De plus sans apports nutritifs un zombie ne tiendrait jamais des années debout, ce serait la décomposition complète en quelques semaines.

2- Comment on devient un zombie ?

La cause la plus fréquente est d’attraper un virus super véloce qui se transmet uniquement par le sang. Le virus commence par tuer son hôte, puis il le réanime et en fait un porteur malsain. Contrairement aux vampires qui le choppent à cause d’une chauve-souris ou aux loups-garous à cause d’un loup, ou encore aux lapins-garous à cause d’un lapin, le virus du zombie est souvent une catastrophe engendrée par l’homme.

Notre avis : Evitez les morsures entre amis, le partage de seringues et les transfusions sanguines dans les pays émergents. Faites gaffe aux piqûres d’insectes ou aux projections de sang quand vous tuez un zombie. Il reste la possibilité que vous soyez naturellement immunisé contre ce virus, car comme pour tout virus il existera des gens sur qui il n’a pas d’effet.

3- ça ressemble à quoi un zombie ?

Le zombie de base est un col-blanc (c’est à dire un jeune cadre dynamique) issu d’un milieu urbain. Il porte souvent ses habits de travail mais de façon négligée. Il est un peu abîmé par la décomposition, il a quelques traces de morsure et il a un teint blafard. Il a parfois un membre manquant, comme un bras ou un œil. Le mort-vivant a un regard de poisson mort, tout vitreux avec de gros yeux globuleux enfoncés dans des orbites agrandies. Il pousse des gémissements et des râles rauques. Il a souvent de multiples contusions ou entailles dues à son manque d’attention quand il se cogne dans des meubles ou qu’il brise des vitres. Enfin le zombie est souvent boîteux.

Notre avis : La tenue vestimentaire du zombie communément acceptée, c’est n’importe quoi. La plupart des gens infectés vont d’abord rentrer chez eux et se mettre au lit, aller à l’hôpital ou finir à la morgue en attente d’autopsie. Ils seront donc en pyjama ou tout nu. Les gens infectés suivants seront leurs familles, les personnels hospitaliers et les forces de police, puis l’armée et pour finir tout le monde. Donc oui dans le tas il y aura forcément des gens en costard, mais ce ne sera pas le cas de la majorité des morts-vivants. Il y a fort à parier que beaucoup de zombies seront en lambeaux, puisqu’ils auront été littéralement dévorés par leurs prédécesseurs. Ils seront donc pour la plupart très abîmés.

4- Comment on tue un zombie ?

La seule vraie façon de faire, c’est de viser la tête. Vous pouvez lui tirer dessus, lui enfoncer un objet dans le crâne, lui briser les vertèbres, le décapiter ou le scalper. Vous pouvez aussi lui enfoncer l’arête du nez dans l’intérieur du crâne, opération réalisable à main nue en cas d’urgence. Brûler un zombie peut s’avérer payant, mais ça ne va pas l’arrêter immédiatement et à part pour s’amuser cette méthode n’a aucun intérêt. En fait le truc pénible avec le zombie c’est qu’il ne s’arrêtera pas pour un petit bobo, ni même pour un gros. Tant que son corps le lui permettra il essaiera de vous bouffer.

Notre avis : visez la tête au cas où, même s’il est invraisemblable que des dégâts occasionnés sur d’autres parties du corps ne finissent pas par être fatals. N’hésitez pas à doubler la dose, mieux vaut s’assurer qu’il est bien mort et plus du tout vivant.

5- Comment s’en sortir en cas de morsure ?

Les règles sont très strictes sur ce sujet : vous finirez fatalement par devenir un mort-vivant. La solution la plus classe est de tuer un maximum de zombies avant de vous faire sauter la cervelle. La solution moins classe mais classe quand même est de vous faire sauter la cervelle. La solution la plus répandue est d’attendre en pleurnichant que le virus s’active en vous et vous transforme en zombie. La solution la plus répandue et la moins classe est d’attendre en pleurnichant que le virus s’active et de ne rien dire aux rescapés qui sont avec vous. Zombie surprise !

Notre avis : Vous êtes foutu, sauf cas rare d’immunité naturelle. Nous vous conseillons d’attendre le dernier moment pour prendre une décision, mais il vaut mieux prévenir les humains rescapés autour de vous afin qu’ils ne soient pas trop surpris lorsque vous essaierez de les bouffer.

6- Comment survivre dans un territoire plein de zombies ?

Il vous faut rejoindre un groupe de rescapés, les chances de survie sont bien supérieures. Mais attention : plus le groupe est grand, plus il attire de zombies. Le nombre idéal semble se situer entre 4 et 6 personnes. Ensuite c’est facile, il suffit de faire comme au moyen-âge : on se retranche dans une forteresse en espérant qu’aucun de vos colocataires n’a eu l’indélicatesse de se faire mordre avant de s’y enfermer avec vous. Cette forteresse peut être un supermarché bien barricadé, un vieux bunker, une maison avec mur d’enceinte, etc. Il semble que d’un commun accord un grillage solide suffise à arrêter une horde de zombies. N’oubliez pas de prendre des armes, de la bouffe, de l’eau et un guide de survie, ça peut aider. Choisissez bien vos alliés : un fermier aura plus de chances de survie qu’un vendeur de téléphones portables par exemple. Il va vous falloir faire des trucs pas joli-joli, comme de sacrifier les plus faibles pour assurer la survie du groupe, voler, se prostituer, mentir, etc. D’un autre côté n’hésitez pas à porter assistance aux autres, ça peut être payant plus tard. Vous pouvez aussi vous la jouer héros solitaire, mais on finit vite par s’emmerder et devenir fou.

Notre avis : Vous devriez dès à présent jouer au jeu de plateau Zombies, qui vous permettra d’acquérir d’excellentes stratégies d’alliances et de trahisons. La plupart des média traitant des zombies insistent bien sur le fait que le danger vient plus fréquemment des humains survivants que des morts-vivants. Dans tous les cas choisissez bien vos nouveaux amis et misez tout sur votre paranoïa naturelle. L’idéal est de vous coller aux basques des militaires gradés, car vous pouvez être sûr qu’eux feront tout pour survivre et qu’ils ont des hommes à sacrifier pour cela.

7- Les animaux peuvent-ils être infectés ?

A priori non, mais la saga Resident Evil propose tout de même des chiens zombies1. Il est communément admis que les animaux qui sont infectés par le virus meurent mais ne se réaniment pas. De toute façon les zombies préfèrent les humains qui ont un meilleur goût à leurs yeux (quand il leur en restent).

Notre avis : Comme les humains peuvent chopper des virus venant des volailles ou des porcs, on peut supposer qu’un virus pourrait être un peu plus universel que la seule contamination humaine. De toute façon comme le virus se transmet par le sang, méfiez-vous des puces, tiques, moustiques, pous, morpions… De même les animaux domestiques rendus à l’état sauvage vont rapidement constituer un problème, surtout quand ils auront pigé que le zombie est un truc toxique et que la seule nourriture comestible dans le coin c’est vous. Je ne parle pas des vaches, chevaux, cochons etc. qui devraient être copieusement chassés par les zombies pour qui un morceau de viande est un morceau de viande, peut importe son origine (Je vous conseille les réflexions sur le sujet de Boulet) . Ce qui soulève des problèmes intéressants : un être végétarien peut-il devenir carnivore suite à une infection zombie ? Quid des alter-mondialistes écolos et végétaliens ? Qui est le plus balèze entre un éléphant zombie et un rhinocéros zombie ?

8- Comment se préparer à une pandémie zombiale ?

Faites des réserves de nourriture, construisez un abri anti-atomique, ayez des armes chez vous et inscrivez-vous aux stages de survie en milieu hostile. Dans l’idéal engagez-vous dans la légion étrangère, ça devrait vous donner de bonnes bases. Espionnez vos voisins, méfiez-vous des journaux télévisés, seul l’Internet underground raconte la vérité. En fait il vous faut deux choses : des armes et un pickup.

Notre avis : il existe une foultitude d’ouvrages (films, livres, jeux…) qui vous éclaireront sur le sujet. Retenez surtout qu’il est hautement improbable qu’une telle pandémie survienne, surtout tant que Roselyne Bachelot sera ministre de la Santé. Ensuite…

D’autres avis et ressources sur le sujet super intéressant des Zombies :

– LE livre recommandé, pas seulement parce qu’il a un style narratif totalement génial mais aussi parce qu’on apprend des tas de trucs sur les zombies et les humains rescapés : World War Z de Max Brooks. Il a également pondu deux autres bouquins sur le sujet.

– La filmographie de George Romero, le maître du film de zombies. Brain Dead également, de Peter Jackson2

– Le très sympathique Zombieland, qui malgré le fait que les zombies y sont capables de courir (ce qui est curieux pour un truc qui possède un système nerveux en décomposition) est un divertissement qui mérite qu’on s’y arrête (et puis ça fait presque pas peur donc c’est bien).

– Shaun of the Dead, une comédie romantique en pleine invasion zombie. Bon c’est assez comique mais moyennement romantique en fait. Les zombies se laissent leurrer si on les imite et ils sont affreusement lents. La fin est un très bon contrepied aux critiques capitalistes du sieur Romero. (Je mets surtout ce film pour faire plaisir à Frangin) – L’univers de Resident Evil, bien que leur délire de mutants soit grotesque.

– Une planche de Boulet sur le sujet, qui pense qu’être un geek suffit.

– Si vous souhaitez vous tourner du côté obscur, vous pouvez participer à des Zombie Walk (en), qui sont des rassemblements de gens déguisés en zombies.

– Un concours régulier de zombifiage de célébrités sur Worth1000.com.

– Les zombies expliqués aux enfants : Les Schtroumpfs Noirs de Peyo (Merci à Jocelyn)

Maj du furet farceur :
– Rencontrer l’âme soeur quand on est un zombie : ZombieHarmony


  1. Mad Zombies met en scène pour sa part des vaches zombies, ce qui est cool. 

  2. Ce film est à voir surtout pour la scène de massacre de zombie par tondeuse à gazon. 

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Harry Potter n'a pas de couleurs https://www.inoffensif.net/blog/harry-potter-na-pas-de-couleurs https://www.inoffensif.net/blog/harry-potter-na-pas-de-couleurs#comments Fri, 17 Jul 2009 08:13:31 +0000 http://www.driczone.net/blog/?p=329 J’ai découvert hier un des secrets les mieux gardés d’Hollywood. Non ce n’est pas le fait que Mickaël Jackson soit en fait un extraterrestre (de toute façon c’était assez évident vu sa couleur de peau), c’est beaucoup plus énorme et plus discret à la fois.

Vous n’êtes pas sans savoir que le 29 juillet (en France) sort Là-Haut, le prochain Pixar. En gros c’est l’histoire d’un petit vieux grincheux qui fait décoller sa maison avec des milliers de ballons gonflables et

Continue Reading]]> J’ai découvert hier un des secrets les mieux gardés d’Hollywood. Non ce n’est pas le fait que Mickaël Jackson soit en fait un extraterrestre (de toute façon c’était assez évident vu sa couleur de peau), c’est beaucoup plus énorme et plus discret à la fois.

Vous n’êtes pas sans savoir que le 29 juillet (en France) sort Là-Haut, le prochain Pixar. En gros c’est l’histoire d’un petit vieux grincheux qui fait décoller sa maison avec des milliers de ballons gonflables et qui se balade comme ça au-dessus des Etats-Unis.

C’est un Pixar, donc c’est très coloré, tout mignon et tout (du moins sur les extraits, mais c’est pas le genre de la maison de mettre des tripes et du sang dans un film tout public).

Hors il se trouve que les studios de films (qui incluent les dessins animés bien sûr) ont un quota de couleurs maximum à mettre dans leurs films pour l’année en cours. Ça fonctionne comme les quotas de pêche, une fois qu’on a utilisé un certain nombre de couleurs dans une année faut attendre l’année suivante. Il y a donc bien longtemps que les studios s’arrangent entre eux pour se refiler des couleurs au besoin, ce qui donne lieu à des tractations infernales dignes des arrangements politiques les plus improbables.

Pour en revenir à « Là-Haut », il est bien évident qu’un tel film demande un nombre de couleurs faramineux, et qu’il faut donc que les autres films de la même année refilent à Pixar des couleurs moyennant dollars, voitures de luxe et filles faciles.

C’est pourquoi le nouveau Harry Potter que je suis allé voir hier a des teintes aussi ternes. Il ne doit pas y avoir plus de 12 couleurs différentes sur chaque image et à ce rythme le dernier film (qui sera la deuxième partie du dernier livre à priori) devrait avoir le même traitement visuel que Sin City. Mais les goûts de luxe du réalisateur anglais David Yates (cherchez pas, c’est un illustre inconnu par chez nous) sont à ce prix.

Sans compter que les choix scénaristiques par rapport au bouquin sont moyennement judicieux. Ne comptez pas sur moi pour spoiler, mais ceux qui ont lu le livre risquent de rester sur leur fin à la fin. Voilà qui est dit.

Pour donner une note globale, Albane a adoré, j’ai bien aimé aussi mais un peu déçu. Si vous n’avez pas lu les livres, je dirai 8/10. Si vous avez lu les livres, un petit 6/10.

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Y a plus fort que moi https://www.inoffensif.net/blog/y-a-plus-fort-que-moi https://www.inoffensif.net/blog/y-a-plus-fort-que-moi#comments Thu, 29 Jan 2009 12:17:31 +0000 http://www.driczone.net/blog/?p=239 Aujourd’hui, ce n’est pas de mes argumentations scientifiques légendaires dont nous allons parler, mais de celles d’un gars dont c’est le boulot.

J’ai lu sur plusieurs sites (dont celui-là) qu’un éminent professeur français de psychologie et spécialiste de la mémoire avait clamé haut et fort que le jeu d’entraînement célébral  du Dr Kawashima c’était du flan. Et de le prouver au moyen d’une étude scientifique réalisée sur 100 élèves de CM1 pendant 7 semaines. Moi j’y ai joué 5 minutes comme

Continue Reading]]> Aujourd’hui, ce n’est pas de mes argumentations scientifiques légendaires dont nous allons parler, mais de celles d’un gars dont c’est le boulot.

J’ai lu sur plusieurs sites (dont celui-là) qu’un éminent professeur français de psychologie et spécialiste de la mémoire avait clamé haut et fort que le jeu d’entraînement célébral  du Dr Kawashima c’était du flan. Et de le prouver au moyen d’une étude scientifique réalisée sur 100 élèves de CM1 pendant 7 semaines. Moi j’y ai joué 5 minutes comme ça, donc c’est pas moi qui vais me risquer à dire : « c’est vrai, Kawashima est un caca de panda ! ».

Ca m’a toujours épaté de voir comment on pouvait prouver n’importe quoi en prenant les bons paramètres à la base. Le résultat de cette étude donc, c’est que sur des élèves de CM1 ce jeu n’a aucun intérèt. Ca, à la limite y avait pas besoin de perdre 2 mois à le prouver. Mais partant de ce résultat, ce bon professeur gaulois en déduit avec une approximation qui mériterait un prix spécial de l’argumentaire scientifique de Globalement Inoffensif que ce jeu ne sert à rien pour personne.

Encore mieux, si on lit cette annonce de 2006 (Brain game est le titre international du jeu), on apprend que « Brain Age, dès sa conception se veut dédié à un public âgé ». Alors je veux bien que le marketing flamboyant de Nintendo soit passé par là pour dire : « Ouais, à n’importe quel âge ça va être génial vous deviendrez super balèze et tout. », mais tout de même y a eu comme une confusion entre « personne âgée » et « enfant de CM1 ».

J’aime assez l’ironie des choses, et ce bon Pr français qui s’appelle par ailleurs Alain Lieury a de plus mis en garde la populace bêlante contre le marketing, arguant que c’était un piège grossier dans lequel il ne fallait pas tomber. Il semble visiblement que cet avertissement ne s’applique pas à son propriétaire, puisqu’au lieu de baser son étude sur le coeur de cible du jeu, il l’a fait sur ce qu’il avait entendu à la télé.

Vous allez me dire que c’était peut-être le but, de prouver que le marketing est boîteux. Je vais donc citer la conclusion de l’étude : « La fameuse méthode de rajeunissement cérébral, médiatisée et commercialisée à grand renfort de publicité, n’a aucun effet positif notable sur les capacités de raisonnement ou de mémoire ». On y parle certes de la publicité, mais le sujet de la phrase c’est « la fameuse méthode de rajeunissement cérébral ». Eh oui.

J’adresse donc mes félicitations les plus sincères à M. Lieury, qui a le culot et la chance de pouvoir faire dans son travail ce que je fais sur mes loisirs de bloggueur méconnu, à savoir pipeauter sans vergogne et faire des raccourcis spendides pour prouver n’importe quoi.


Note : Bien qu’on puisse peut-être sentir un certain énervement de ma part, c’est en fait avec une réelle stupéfaction et une certaine jalousie  que j’ai écrit cette note. Je suis admiratif. Surtout quand je vois qu’on en parle même au niveau international.

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Je colle à l'actualité comme une sale gosse sur un poney https://www.inoffensif.net/blog/je-colle-a-lactualite-comme-une-sale-gosse-sur-un-poney https://www.inoffensif.net/blog/je-colle-a-lactualite-comme-une-sale-gosse-sur-un-poney#comments Tue, 16 Dec 2008 13:50:46 +0000 http://www.driczone.net/blog/?p=223 Une fois n’est pas coutume, je reviens aujourd’hui sur un évènement d’actualité qui a fait le tour du monde : le président sortant des nord-américains s’est fait bombarder à coup de chaussures.

Avec des chaussures de cette taille, le succès eut été assuré.

Comme tout le monde, j’ai trouvé cette nouvelle amusante et légère. Mais poussons plus loin l’analyse de cet évènement et voyons ensemble les causes de cet incroyable gâchis

Du côté du Président Bush :

– Vous vous souvenez tous que

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Clown shoes

Avec des chaussures de cette taille, le succès eut été assuré.

Comme tout le monde, j’ai trouvé cette nouvelle amusante et légère. Mais poussons plus loin l’analyse de cet évènement et voyons ensemble les causes de cet incroyable gâchis

Du côté du Président Bush :

– Vous vous souvenez tous que les nord-américains ont failli perdre ce président à cause d’un bête bretzel. Ce qui aurait été la mort présidentielle de loin la plus idiote au monde. Et là, G. Bush a superbement esquivé les chaussures. Je dirai même qu’il l’a fait avec une classe et une nonchalance jusqu’alors jamais vues chez cet homme. Une seule possibilité : les services secrets ont spécialement entraîné le Président à éviter les objets inhabituellements volants et agressifs. Le Pentagone a d’ailleurs diffusé une liste d’objets appartenant à cette catégorie en juin 2008, dans laquelle on trouve effectivement une paire de chaussures.

– Ancien alcoolique, G. Bush a toujours eu un rapport assez flou avec son sens de l’équilibre. Des mauvaises langues ont même suggéré que ce dernier avait définitivement quitté le Président il y a déjà quelques années, et qu’ils étaient actuellement en instance de divorce1. Beaucoup de communiqués officiels de la Maison Blanche ont assuré que le Président avait cessé de boire, que c’était de l’histoire ancienne et que les irakiens étaient des cacas de panda. Mais si on regarde la vidéo, on peut voir que le Président Bush a très bien pu chanceler au moment opportun par deux fois, faisant pour le coup preuve d’une chance insolente. Un tangage aisément explicable par l’abus de boisson à haut degré d’alcool. Cette impression est renforcée par cette expression vide et un peu bovine qu’a Georgie au moment de l’attaque.

– Les moyens des USA dépassent de loin ceux du reste du monde (sauf peut-être ces fourbes de Chinois, aidés par leur féroce appétit sexuel), et pourtant partout dans le monde on trouve la même combine pour dupliquer les gens : il paraît que la momie de Lénine a des sosies, on ne compte plus de nombre d’Elvis « the King » Presley se baladant à Las Vegas en toute impunité (alors qu’ils ont été classés comme nuisibles au Colorado), Johnny Halliday lui-même a des sosies qui chantent aussi mal que lui, alors il est assez vraisemblable que gouvernement nord-américain possède des copies (légales bien sûr) de George W. Bush dans ses tiroirs. Dont un sosie qui a bossé dans des numéros itinérants de lancers de couteau dans les états du Mid-West (inutile de dire qu’avec un pareil faciès, il faisait figure de cible).

Du côté des Irakiens :

– On s’en souvient, au début du siècle pulullaient les camps de vacances pour terroristes dans des lieux paradisiaques tels que le désert d’Afghanistan, le désert de Syrie, et d’autres déserts tout aussi peu fréquentables. Puis est venue la crise économique mondiale, qui a relégué le terrorisme au statut de « Vague gêne semblable à un début de diarrhée »2. Fort logiquement, beaucoup de ces destinations touristiques ont dû fermer, causant un manque de formation critique chez les apprentis terroristes. Ce qui explique les armes utilisées (des chaussures), et le peu de précision des attaques.

– Peu avant ont eu lieu les attentats en Inde, qui ont été spectaculaires et sanglants. Les terroristes arabes, jaloux de leurs confrères pakistanais, ont dû réagir dans la précipitation.  Une mauvaise préparation ainsi que des consultants externes recrutés à bas prix ont donné ce résultat : un attentat à la chaussure qui a lamentablement raté.

– On peut aussi mettre en cause une occidentalisation préoccupante et semblable en stupidité à l’expansion du langage sms en France. En effet, le journaliste a lancé non pas des babouches traditionnelles, ni des sandales, mais des chaussures de forme occidentale. Le lanceur, probablement peu habitué à manier ce genre de souliers a sous évalué les capacités aérodynamiques de ses chaussures et a manqué sa cible.

Pour conclure, je dirais que ce journaliste malchanceux affronte à présent le plus grand échec de tous les évènements liés aux affrontements occident/orient : rater deux fois un président sortant alors qu’on est à moins de trois mètres de lui et que celui-ci n’a pas la possibilité de s’enfuir, c’est franchement pas terrible. Un minimum d’entraînement et un meilleur contrôle de lui-même lui aurait permis de faire mouche, ce qui aurait augmenté l’impact psychologique de l’affaire de façon spectaculaire.


  1. Oui ça semble ridicule de pouvoir divorcer de son sens de l’équilibre, mais aux Etats-Unis tout est possible. 

  2. Classification 2008 des fléaux mondiaux par le ministère de l’Intérieur Français. 

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Le gras, c'est la vie https://www.inoffensif.net/blog/le-gras-cest-la-vie https://www.inoffensif.net/blog/le-gras-cest-la-vie#comments Fri, 12 Sep 2008 13:25:35 +0000 http://www.driczone.net/blog/?p=200 Le gros problème des sociétés capitalistes ou en passe de l’être, c’est que le confort apporte des tas de déviances bizarres, comme l’obligation pour certaines de zapper sur France 3 le soir un peu après 20h1 ou de manger énormément et très gras juste parce que c’est bon.

Illustration naïve des bienfaits des lipides sur la croissance des enfants

L’obésité étant une cause de souci permanente chez les nutritionnistes2 et le milieu de la mode, il était bien normal que je

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Bébé tout gros

Illustration naïve des bienfaits des lipides sur la croissance des enfants

L’obésité étant une cause de souci permanente chez les nutritionnistes2 et le milieu de la mode, il était bien normal que je me penche sur le sujet, bien que n’ayant aucun intérèt particulier envers les nutritionnistes et ressentant un vague mépris envers le milieu de la mode (qui me le rend bien en m’ignorant superbement).

La source de l’obésité, c’est le gras. Enfin là je résume, mais en gros c’est ça. Alors comment se fait-il que le gras soit omniprésent dans notre société alors que personne n’en veut ? Qui s’amuse à mettre du gras partout pour nous faire grossir ?

Il serait facile d’accuser les lobbies des salles de fitness, de la parapharmacie, des produits minceur et des chaînes de télé-achat, sauf qu’ils ne font que profiter d’une situation déjà bien en place. Le vrai et sournois coupable se cache ailleurs, et nous allons donc plonger au coeur du gras, pour un article suitant de vérité adipeuse3.

Tout d’abord, il faut savoir que le gras ne coûte rien alors qu’il apporte un goût plus agréable dans n’importe quel plat ou aliment où on l’ajoute. Le gras d’un point de vue économique, c’est le nouvel eldorado de l’alimentaire. Ce sont ces fameuses lipides, qui font pleurer n’importe quel mannequin de mode juste à leur évocation et qui font vendre par wagons entiers les magazines féminins à la fin du printemps. Il est reconnu mondialement que c’est du gras pur qui est utilisé en charcuterie, donc le procédé existe à la vue de tous !

La production de graisse est assez aisée et peut provenir de milieux variés : animal, végétal, clinique de liposuccion, les sources ne manquent pas. Un litre de graisse coûte en moyenne 0,09$ à produire, alors qu’il est revendu pas loin de 0,20$ à l’industrie alimentaire4, ce qui en fait un business extrêmement rentable. Le magnat et numéro 1 du gras aux Etats-Unis, Tom Badwin, a fait fortune dans les années 60 en començant à revendre le gras provenant des restes de boucherie à l’industrie du cosmétique pour faire des rouges à lèvres. Aujourd’hui sa fortune est estimée à un montant beaucoup trop élevé pour que je puisse l’appréhender et donc vous le retranscrire, mais sachez que cet homme est scandaleusement riche.

Le gras étant peu cher à l’achat et apportant une réelle valeur gustative (environ 43% de valeur ajoutée d’après le National Fat Addictive Institut), les différents intervenants de l’industrie agro-alimentaire ont vite vu tout l’intérèt qu’ils pouvaient en tirer. Ainsi, au lieu d’être contraints d’élaborer des saveurs recherchées et onéreuses à mettre en oeuvre, ils saupoudrent n’importe quoi avec du gras ou du sucre et le tour est joué, ça se vend comme des beignets.

Les moyens de lutter contre ce complot économique sont souvent voués à l’échec5, mais il existe au moins une solution pas chère et qui ne demande quasiment aucun sacrifice : si comme moi vous êtes affublé(e) de quelques bourrelés disgracieux, ne foncez pas à la clinique la plus proche pour vous les faire enlever, vous risqueriez de les retrouver en accompagnement la prochaine fois que vous irez à McDo.

Et de toute façon, le gras c’est la vie.


  1. Ne comptez pas sur moi pour vous donner le titre du programme diffusé, ni le nom de la personne que je visais et qui se reconnaîtra aisément. 

  2. Sauf quand ils ont affaire à Frangine, dont la quête incessante pour prendre du poids vous sera peut-être un jour relatée ici, mais probablement pas. 

  3. Ceci est la plus grosse introduction que j’ai réalisé dans toutes mes notes. 

  4. Bien entendu, ces chiffres sont complètement fantaisistes, vous êtes prévenus. 

  5. Comme tout combat en faveur de l’équité dans le monde d’ailleurs, la faute aux combattants qui font tout pour qu’on ne les prenne pas au sérieux. 

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