Bougez-vous sans quitter votre fauteuil

Pondu le 5 septembre 2008 - 13 commentaires

Fauteuil de bureau performant

Le Deskstar 5000, la performance de bureau

Tous ceux qui travaillent dans des bureaux opineront du chef à la lecture de cette affirmation : un bon mobilier au boulot, c’est indispensable.

On se moque depuis longtemps des administrations où le personnel est peu productif, peu aimable et peu enjoué d’ailleurs1, alors que dans le privé les gens sont souriants, performants et bien dans leur peau.

Il est temps de rétablir la vérité sur ce cliché honteux : dans la fonction publique on bosse moins car on a un moins bon mobilier.

Je n’ai pas à me plaindre (c’est donc pour ça d’ailleurs que je suis super productif dans mon boulot, ce qui me permet de remplir mes objectifs en un temps record et de glander le reste de la journée), car j’ai un matériel de bureau dernier cri. A titre indicatif, je dispose du meilleur fauteuil de bureau dans la catégorie 5 roulettes : suspension rabaissée, roulement à billes sur roulettes de 3 pouces en caoutchouc, freins à disque à déclenchement semi-automatique (quand l’électronique embarquée constate que le corps tente de changer de direction en se penchant d’un côté, il freine sur une partie des roulettes afin de faciliter le virage), siège baquet et appuie-tête anti-coup-du-lapin. Bien entendu, une telle merveille coûte très cher, mais le gain de productivité est à la hauteur des espérances et m’a permi de me glisser à la première place en régionale de course de fauteuils de bureau.

Je vais donc vous livrer ici quelques astuces pour les débutants ou amteurs en recherche de sensations fortes au boulot.

– Le terrain d’entraînement : souvent négligé, il vous permettra cependant de mieux connaître votre fauteuil. Il est cependant conseillé de changer régulièrement de terrain afin de s’acclimater aux différents sols possibles (moquette, lino, parquet…)

– Le nombre de roulettes : les débutans préfèreront les 6 roulettes, gage de stabilité et de maintien dans les virages. Cependant, on y perd en réactivité et les pros sont tous en 5 roulettes. Les 5 roulettes ont une meilleure vitesse de pointe mais sont plus enclins à verser dans les brusques changements de direction.

– La suspension : un fauteuil suspendu est indispensable pour les transferts de masse rapides, comme dans les chicanes. Attention de ne pas choisir une suspension trop molle qui vous pénaliserait dans l’effort.

– Le squelette : le plastique c’est bien pour débuter, mais passez rapidement au métal, qui vous offre une meilleur garantie de ne pas casser dans un virage appuyé, ainsi qu’une meilleure légèreté si vous le coisissez bien.

– Les accoudoirs : là ça dépend vraiment des personnes. Je préfère personnellement gagner en souplesse et en réactivité malgré la perte de stabilité et renoncer aux accoudoirs. Ceux-ci sont quand même un plus indispensables pour ceux qui débutent.

– L’assise : Ne vous laissez pas avoir par le confort du cuir capitonné, c’est un vrai veau à traîner. Préférez un dossier souple et fin en alvéoles. Attention cependant aux risques de dérapage de fesses, qui a coûté la victoire l’an dernier à John Humley aux championnats mondiaux, alors que celui-ci était largement en tête.

– Le maniement : On entre là au coeur d’un débat qui a été presque aussi acharné que de savoir qui de l’éléphant ou du rhinocéros est le plus balèze : faut-il se mettre à l’envers sur son fauteuil ou non ? La fédération a longtemps interdit la création de fauteuils spécialisés dans la course en position inversée, ce qui rendait plus ardu cette position en raison du manque de stabilité évident. Le dossier étant devant le coureur celui-ci était facilement entraîné vers l’avant dans les freinages puissants, en contre-partie le gain de puissance est bien plus important. Il semble que cette année des fauteuils spécialement étudiés pour ce type de position soient autorisés, c’est en tout cas ce qu’on a pu voir aux J.O. de Pékin, ce qui met un terme définitif à la discussion.

– La catégorie : il existe une multitude de catégories de courses de fauteuil, que ce soit le sprint en ligne droite, 30 tours sur un circuit oval, le Slapping Chair dans lequel tous les coups sont permis pour envoyer l’adversaire dans le mur et même le Stairwell Madness, qui consiste à descendre une cage d’escalier sans toucher les pieds par terre sur des fauteuils munis de grosses roulettes. Il y en a donc pour tous les goûts.

J’espère que ces quelques conseils et explications vous auront donné envie de découvrir ce sport urbain qui vous permettra de garder la forme sans quitter votre fauteuil !


  1. A l’exception de tous les petits comiques qui passent leurs temps à faire des présentations powerpoint avec de belles images et une morale à la con du genre : les amis c’est la vie, vivez le moment présent ou vous mourrez d’une hépatite de l’orteil, surtout si vous n’envoyez pas ce mail à 92 personnes. 

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