Le mythe du plombier

Pondu le 31 août 2011 - 13 commentaires

Alors que j’étais en voiture pendant les vacances, la radio était branchée sur RTL à l’heure des Grosses Têtes. M. Bouvard a soulevé un point intéressant, qui a malheureusement été traité de façon tout à fait honteuse dans l’émission :

Quelle est l’importance du plombier dans la mythologie contemporaine ?

Je me sens donc obligé de reprendre ici la question, afin d’y répondre de façon un peu plus sérieuse que les membres des Grosses Têtes. Même si l’on n’a jamais vu de plombier président de la république ou de plombier astronaute, il n’en reste pas moins que le plombier occupe une place de choix dans notre société et notre culture. Épluchons ensemble cette passionnante muse qu’est le plombier.

– Dans les jeux vidéo :

Le drame de la mode : la moustache étant totalement démodée, cette jeune femme refuse de la laisser pousser.

Tout le monde connaît Mario et son frère Luigi, les deux plombiers créés par Nintendo. Ce vieux Mario a très souvent pour mission d’aller délivrer de la gourdasse princesse en détresse (Peach la plupart du temps), ce qui en dit long sur ce que pensent les concepteurs de jeux nippons de la capacité des femmes à se débrouiller toutes seules… Mario Bros est un succès vidéo-ludique énorme qui dépasse en surpuissance les crêpes au Nutella, c’est dire si c’est balèze.

Plus généralement, on trouve souvent des mini-jeux de plomberie où il faut assembler divers morceaux de tuyaux pour faire passer un fluide d’un point vers un autre. Ce concept a été imaginé par l’International Plumbers Academy, au sein du programme controversé  « Pipe Support Committee for a Better World« . Le but était de sensibiliser puis d’endoctriner de jeunes adolescents crédules pour les recruter dans des camps d’entraînements spéciaux où on leur lavait le cerveau pour des raisons troubles qui ne furent jamais vraiment élucidées. Le FBI mit fin à la branche américaine de l’organisation en 1992, mais il subsiste encore dans le monde des groupuscules déterminés à répandre la terreur et l’amour de la plomberie.

– Dans les légendes urbaines médiatiques :

Vous vous souvenez peut-être du fameux « plombier polonais » qui allait voler tous nos emplois début 2005, au moment du référendum sur la Constitution Européenne. Ce personnage est à rapprocher du vilain communiste pendant le Maccarthysme1 américain en pleine Guerre Froide, du Juif pendant la seconde guerre mondiale, et du trader depuis 2008. Bref, un gars qui fait peur et qui vient jusque dans nos foyers violer nos femmes et nos canaris, prendre notre pain et nous mener à la ruine.

Il se trouve que dans les faits, un rapport d’une commission d’enquête européenne dédiée à ce sujet a indiqué que le plombier polonais n’avait quasiment eu aucun impact sur les emplois français. Heureusement qu’on a depuis trouvé les traders comme boucs émissaires, on aurait eu l’air malin à avoir peur d’un type inoffensif.

– Dans le porno :

Zut alors, ma chemise a rétréci au lavage ! Quelle piètre ménagère je fais !

un des scenarii les plus connus des films pornographiques met en scène une jeune femme seulement vêtue d’une chemise de nuit qui fait appel à un plombier pour une fuite au robinet de la cuisine. Le plombier se trouve être parfois beau2, toujours grand et musclé pour résoudre les déboire de la jeune femme. En cours de route des mains s’égarent, des langues se retrouvent dans d’autres bouches et finalement ça se termine par un documentaire sur la reproduction animalière. On peut d’ailleurs constater que la plupart des acteurs masculins n’ont aucune véritable idée de la façon dont les humains se reproduisent, vu qu’ils répandent leurs fluides sur la dame et non pas dedans. Le duo plombier/femme au foyer est un grand classique du genre, aux côtés des duos docteur/infirmière, patron/secrétaire et tomate/chorizo.

Une étude datant de 2009 de l’Institut Pakistanais de la Statistique Ostensiblement Sexuelle (IPSOS, que nous connaissons tous) rapporte que les plombiers ont 38% de chances supplémentaires d’avoir un rapport sexuel avec une parfaite inconnue, alors que les patrons et docteurs ont 62% de chances supplémentaires d’être accusés de harcèlement sexuel dans le même contexte ; on ne peut que constater que les plombiers jouissent d’un prestige bien supérieur à ces professions pourtant mieux reconnues socialement.

En conclusion, je pense qu’on peut affirmer sans rougir que oui, le plombier fait bel et bien partie de la mythologie contemporaine. Sans jouer un rôle central, il se cache à la frontière de nos plaisirs et de nos peurs, discret mais attentif. C’est même la profession d’un des personnages importants de Desperate Housewives (Mike Delfino), ce qui montre que non content d’être bien intégrés dans notre culture moderne, les plombiers sont aussi de redoutables magouilleurs qui ne reculent devant rien pour se faire de la pub. Parce que quand même, un plombier qui vit dans un quartier aussi huppé que Wisteria Lane c’est n’importe quoi. Pourquoi pas y mettre un psychopathe, un vendeur de voitures, ou même un autre psychopathe, ou carrément des latinos aveugles pendant qu’on y est ?.

 

Tout ça pour vous dire que j’ai changé avec succès un réducteur de pression défectueux chez moi, et que mon groupe de sécurité fonctionne enfin normalement. C’est un petit pas pour moi, mais un grand bond pour la plomberie amateure !


  1. Il est à noter que McCarthy partageait le même prénom qu’un des plus célèbres dirigeants communistes moustachus, et qui est par ailleurs mon deuxième prénom à moi. Ces deux personnages avaient aussi en commun la flatulence facile, d’après quelques témoins. On me souffle que c’est également mon cas, mais c’est du vent tout ça. 

  2. Pas si fréquemment que ça d’ailleurs, c’est dire le peu de considération qu’a l’industrie du porno pour l’esthétisme masculin. Il faut bien le dire, les acteurs masculins sont souvent réduits à leur sexe. Les féministes feraient donc bien de la ramener un peu moins sur les films X, vu que les femmes y sont bien mieux représentées… 

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Les radios musicales ne passent pas de musique

Pondu le 8 février 2010 - 6 commentaires

J’ai environ une heure de trajet aller-retour pour aller de mon chez-moi à mon travail. Ce qui me laisse donc largement le temps d’écouter la radio.

Moi j’aime écouter de la musique que ce soit le matin ou le soir, mes stations de radio enregistrées sont donc des radios musicales1. Il m’a fallu un bout de temps pour m’en rendre compte (c’est dire si je suis réveillé le matin), mais il est à l’heure actuelle presque impossible d’entendre de la musique sur une radio musicale le matin2. Rien à faire, on y trouve seulement des gens qui blablatent avec plus ou moins d’intelligence. Vous me direz que le matin les trucs intelligents on ne les comprend pas, et vous aurez raison. Mais vous avez tort quand même, parce que les radios généralistes arrivent à faire des émissions au niveau un peu plus élevé que le ras des pâquerettes et qu’elles se permettent en plus d’avoir une meilleure audience que les musicales. Mais ce n’est pas le propos3 d’aujourd’hui.

Un animateur en pleine session - janvier 2010

Pourquoi enlever la musique, pourtant à priori la principale raison d’être de ces radios et les remplacer par des animateurs souvent obligés de ramer un peu pour meubler cette tranche horaire ?

Si on écoute les dirigeants, ils vont dire que c’est la faute d’Internet. Cela dit, si on écoute n’importe quel dirigeant en difficulté il finira par accuser à un moment ou un autre le grand Satan d’Internet4. Ce qui est peu pertinent vu que dans une voiture on a rarement accès à Internet mais on a accès en général à la radio.

Un vieux sage indien m’a dit un jour : « File-moi 100 000 Roupies, que j’aille m’acheter une bière ! ».  Je n’ai jamais revu cet homme, mais je dois dire que cette phrase ne m’a jamais été d’aucune utilité par la suite. Elle ne nous aidera donc pas à résoudre notre problème.

J’ai d’abord songé à accuser la toute puissante Association Pour la Parlotte, qui gère déjà la plupart des débats politiques ainsi que de grosses émissions télé telles que « Vivement dimanche prochain », mais dont le plus gros succès restera les discours fleuves du barbu cubain Fidel Castro. On sait que leur action de lobbying a par exemple permis l’éviction de Charlie Chaplin du panthéon des meilleurs acteurs en 1992, et que le réchauffement climatique leur est en partie imputable. Il était donc possible que leur influence finisse par se manifester sur les ondes. Le porte-parole de l’association m’a avoué officieusement (et avec une pointe de honte, disons-le tout net) que même s’ils rêveraient de s’octroyer cette victoire, elle n’est pas du tout de leur fait.

Il m’a donc fallu me rabattre sur des explications un peu plus terre-à-terre, comme la main-mise sur les radios musicales par un regroupement d’employées de salon de coiffure, ou la disparition inexpliquée et simultanée de tous les préposés aux musiques du matin.

Un modèle de poste radio directement inspiré du design des grille-pains

Finalement, après un travail d’enquête que ne renierait pas Hercule Poirot et sa moustache, j’ai fini par découvrir la véritable raison de ce paradoxe musical : alors que tous les moyens de communication sont passés au numérique, qu’un MP3 se copie en deux microsecondes et qu’on peut recevoir la TNT sur nos toilettes via la connexion WIFI d’une box ADSL5, les moyens minimalistes et obsolètes des radios font que ce sont en réalité des interprètes accompagnés de musiciens ( et qui reproduisent à l’identique les musiques originales des artistes) que l’on entend dans le poste. A ce stade vous aurez déjà compris qu’il est du coup beaucoup plus rentable de faire parler des guignols que de s’échiner à chanter correctement.

Edit du palmipède repentant : J’ai reçu une lettre du Syndicat des Radios Musicales qui ne Passent Plus de Musique le Matin et Parfois Aussi le Soir (SRMPPMMPAS, aussi appelé le SURMENPAS – Syndicat Unifié des Radios Musicales Embarrassées par la Nullité des Propos de leurs Animateurs Sacrifiables), qui dit en substance que je suis un gros nul, un caca de panda et que si je ne retire pas tout de suite mes propos ils vont me coller un procès au cul et que c’est pas des rigolos alors fais gaffe petit con. J’ai bien regardé, je n’ai utilisé le mot « propos » qu’une seule fois dans ma note, et je l’ai rayé pour ne pas m’attirer d’ennuis.


  1. Exception faite de Rire et Chansons, et surtout des Deux minutes du Peuple. 

  2. Pour les bas-de-plafond, je parle d’une radio qui a de l’énergie, d’une radio ousqu’on a du fun, et d’autres radios youpi-je-passe-dela-musique-de-djeuns. 

  3. Suite à une injonction du SURMENPAS, je dois retirer ce mot. 

  4. Un peu à la manière du Point Godwin

  5. Si vous n’avez pas compris un traître mot de ce que je viens de dire, alors vous n’êtes pas encore entré dans le 21è siècle. Finalement vous êtes plutôt chanceux puisque la fin du monde en 2012 ne vous touchera que dans une quinzaine d’années. 

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Le pigeon est notre ennemi

Pondu le 8 septembre 2009 - 8 commentaires

pigeon2000

Bob le pigeon, affecté à la sécurité du WTC le 11 septembre 2001

Mes amis, il est dans la vie des êtres vivants dont le potentiel de survie est proche de zéro, et pourtant ils continuent d’exister.

Il y a bien sûr les pandas, mais aussi les pigeons.

On pourrait penser que le pigeon est une aberration dans le monde animal tellement son instinct de survie est inexistant, et pourtant le pigeon n’a cessé de dominer le monde depuis qu’il a affaire à l’Homme.

Avant l’avènement du télégraphe, qui avait le monopole des communications rapides ? De qui s’est-on servi pour faire passer des messages pendant la première guerre mondiale ? Du pigeon.

Posez-vous sur un banc dans n’importe quel ville de taille moyenne ou plus, et observez les êtres vivants autour de vous. A part les humains, que trouve-t-on en grande quantité ? Oui, des pigeons.

Même en cuisine on trouve du pigeon. Mort et dans l’assiette certes, mais présent quand même.

Le pigeon est également source de nuisances à l’instar de sa cousine belliqueuse la mouette, grâce à sa capacité à fienter en gros volume (Le Professeur Igor Youtsklav, membre éminent du très sérieux Institut du Volatile Urbain basé à Kiev a déclaré « Le pigeon est un animal qui pourrait combler à lui tout seul le Grand Canyon. Bien sûr il faudrait qu’il soit en nombre suffisant, et qu’il ait à bouffer à proximité. »).

Nombre de scénarios de séries B ou Z reposent sur un méchant qui projette de conquérir le monde grâce à des modifications génétiques sur des pigeons dans le but de les faire fienter encore plus. En général le héros parvient à tuer le vilain en retournant les pigeons contre leur créateur tout en pelotant la greluche de service, le méchant finissant enfoui sous une montagne de guano.

D’ailleurs la CIA et l’armée des Etats-Unis ont eu un programme dans les années 80 qui impliquaient l’emploi en masse de pigeons contrôlés à distance. L’affaire fut enterrée rapidement en 1996 pour éviter un Pigeongate, suite aux révélations d’un général sur l’oreiller de sa maîtresse chinoise.

Pourtant, quand on examine un pigeon on ne peut s’empêcher de trouver comique sa façon stupide de se mouvoir, de se jeter dans les jambes des passants ou sous les roues d’une voiture. Le pigeon semble en effet totalement aveugle à son environnement immédiat. Les spécialistes pensent qu’en réalité la tête du pigeon n’est pas soumise à la gravité, contrairement au reste de l’univers (à l’exception des chats toutefois). Je ne sais pas si vous imaginez, mais avoir une tête qui interprète les lois physiques avec désinvolture pendant que le reste de votre corps s’y conforme a de quoi dérouter n’importe quel être doué de plus de neurones qu’une amibe. De fait, vu que le pigeon ne semble pas souffrir de cette étrangeté on peut en conclure que soit il n’a pas plus de neurones qu’une amibe (ce qui reste possible), soit son centre nerveux ne se situe pas dans l’univers connu et n’a que d’épisodiques connexions avec notre monde.

Tout ça pour dire que je suis encore passé à 20cm d’un pigeon avec ma voiture lancée à 93km/h et que celui-ci n’a pas bougé d’un iota. Stupide volatile.

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Les agriculteurs sont-ils des crétins ?

Pondu le 24 août 2009 - 15 commentaires

Combiner pollution et arrosage inutile : le must de l'agriculteur moderne

Combiner pollution et arrosage inutile : le must de l'agriculteur moderne

J’ai eu l’occasion de partir en vadrouille dans divers endroits de France en ce (pour une fois) beau mois d’août. Chemin faisant, j’ai pu observer à quelques reprises un phénomène qui surclasse en stupidité un scénario d’épisode des Musclés (ou de Plus Belle la Vie pour ceux qui sont nés après la fabuleuse époque du club Dorothée) : des arrosages automatiques dans les champs à 14h par 35°C.

Il me semblait pourtant que la plupart des exploitants agricoles aujourd’hui avaient un bac+5 en poche, et qu’on avait bien dû leur apprendre qu’arroser dans de telles conditions faisait évaporer la moitié de l’eau avant même qu’elle n’ai touchée une plante.

Je suppose que lors des réunions d’agriculteurs, on doit assister à ce genre de scène :

« – Ce vieux Paulo, ça fait une plombe qu’on t’avait pas vu !
– Normal les gars, entre les demandes de subventions, les manifs et les interviews où je me plains pour le Journal télé j’ai complètement oublié de cultiver mes champs, du coup j’avais pas mal de retard à rattraper !
– T’as vu, on a encore des restrictions d’arrosage cette année, font chier ces bureaucrates !
– Moi je m’en fout, j’arrose quand même. J’ai installé le nouveau Gaspi3000, ça gère tout seul l’arrosage de tous mes champs.
– Comment ça marche ce truc ?
– En fait je sais pas, c’est une sorte de gros robot qui balance de l’eau un peu partout. Heureusement que je paie pas l’eau1, vu qu’il arrose tout et n’importe quoi je serai sur la paille2 ! En plus comme il voit rien la nuit, il n’arrose que par grand soleil ou lorsqu’il pleut, son détecteur croit que le débit d’arrosage est réduit et donc il augmente la cadence. Ça noie un peu les champs mais bon, je rattrape le manque à gagner avec les assurances.
– Ça a dû te coûter une fortune ce truc !
– Pense-tu ! C’est cette Europe de merde qu’a payé bien sûr !
– Trop cool, il m’en faut un… »

On s’étonne après qu’on passe en alerte sécheresse tous les étés… D’autant qu’en fait les puits des agriculteurs vont pomper de l’eau assez profond, donc une eau qui serait très bonne à boire. Cela dit, ils nous la rendent cette eau. Bon elle est pleine de nitrates, de pesticides et d’engrais et il faut donc la traiter à grand coups de chlore, mais on ne peut pas tout avoir n’est-ce pas ?

En furetant sur le net, je ne suis pas le seul à m’interroger sur la pertinence d’une telle pratique : Sud-Ouest et une bande d’écolos.


  1. Les agriculteurs ont leurs propres stations de pompage, ce qui leur évite de payer l’eau dont ils se servent. 

  2. C’est de l’humour agricole semblable aux blagues Carambar. 

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Le C15, la délinquance routière façon old school

Pondu le 11 mai 2009 - 12 commentaires

Il est désormais bien connu que la violence, la drogue et tout ça gagnent de plus en plus les banlieues et les campagnes. Mais il est un autre phénomène en marge qui est devenu une réalité : les gangs touchent toutes les catégories de population.

J’en subis d’ailleurs régulièrement les désagréments dans ma campagne profonde avec les propriétaires de Citroën C15.

Oh ne riez pas. Ne souriez pas non plus. Quiconque a déjà eu affaire avec ces terroristes de la route opinera gravement du chef à la lecture de l’affirmation suivante : « Citroën C15 devant toi, un ulcère te donnera ». Car le conducteur de C15 met un point d’honneur a emmerder son prochain, il serait prêt à tout pour pourrir un peu la vie des usagers de la route.

Tout d’abord, le C15 surgit sans prévenir : qu’il se jette sur la route au moment où vous arrivez, ou bien qu’il y soit déjà depuis 10 minutes, vous ne le verrez qu’au dernier moment. L’armée de l’air américaine a d’ailleurs fait des études très sérieuses sur le pouvoir de camouflage de ces utilitaires., et vous constaterez d’ailleurs que les formes carrées des bombardiers furtifs n’ont rien à envier au niveau design à celles des C15.

Le C15, ou la délinquance du vieux

Le C15, ou la délinquance du vieux

Le professeur Guy Jarniaud de l’Institut des Sciences de la Vie Courante a publié en 2006 un rapport complet sur les conditions d’apparition d’un C15 sur la route. En substance, il faut réunir les conditions suivantes :

– Être pressé.

– Être sur une route sur laquelle le dépassement est impossible.

– Être à la campagne, bien sûr1.

Il existe également des facteurs favorisant cette apparition, comme être aux heures de pointe (horaires de trajet boulot/maison) ou avoir une très forte envie d’aller aux toilettes.

Tout C15 qui se respecte est blanc. Toutefois il existe une catégorie de conducteurs qui tient à barioler son véhicule : les amateurs de rave-party, des gens qui ont souvent le cheveu long et gras. Inutile de dire qu’ils ne font pas partie du gang des C15 et qu’ils sont méprisés par l’ensemble de ses membres. Le C15 ayant un moteur poussif, il est rare que celui-ci soit au niveau des limitations de vitesse en vigueur, et de toute façn son conducteur roulera toujours au moins 10 à 20 km/h en dessous de cette limite. SAUF s’il vous est possible de le doubler, auquel cas il s’arrangera pour rester en tête quitte à faire fumer un peu le moteur.

Le conducteur du C15 est un homme d’âge mûr compris entre 50 et 120 ans. Le port du béret ou d’une casquette est fortement répandu. La moustache n’est en revanche pas un signe distinctif. Le conducteur ne veut se séparer de son utilitaire pour rien au monde : proposez-lui une Porsche, un 4×4 ou même un Berlingo (le remplaçant du C15) tout neuf, il n’en voudra pas. Le conducteur est parfois alcoolisé à l’outrance, mais ne comptez pas là-dessus pour qu’il se fasse retirer son permis un jour : un C15 est totalement invisible aux yeux des représentants de l’ordre.

A l’instar du maître et du chien, il est rare qu’un conducteur survive bien longtemps à la perte de son C15. Notez tout de même qu’il est improbable que cela arrive pendant qu’il sera devant vous : vous pouvez maîtriser des incantations démoniaques et maudire à tout va, le C15 n’aura jamais d’accident. Jamais. Sauf quand il sera seul sur la route éventuellement, mais c’est évidemment un cas que vous n’aurez jamais la chance de voir.

Toute la force des propriétaires de C15 est d’être juridiquement inattaquables : ils ne font pas d’excès de vitesse, ils connaissent les coins à radar par cœur de toute façon, ils ne suscitent aucune méfiance auprès des services de gendarmerie, douane ou cellule anti-terroriste, ils savent où, quand et comment ils atteindront leur potentiel maximal de pénibilité et enfin ils sont partout. J’ai récemment découvert que mon voisin était membre de ce gang rural, et pas moyen de saboter cet engin de malheur en douce car le voisin en question est équipé d’un chien de la taille d’un poney dressé à faire des steaks de tout intrus sur son territoire.

Citadins, ne venez plus me rabattre les oreilles avec vos  jeunes des banlieues, votre pollution ou vos embouteillages. Moi aussi j’ai des problèmes, alors lâchez-moi. Non mais.

Note : Ce véhicule a été utilisé par l’Etat Français qui n’a toujours pas reconnu ses torts depuis, on a ainsi pu voir des C15 aux couleurs de la gendarmerie, de la Poste et des pompiers.


  1. Encore que des cas de C15 en pleine agglomération aient été rapportés, mais il semble que ça relève plus du mythe urbain que de faits prouvés. 

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