Pas de trou dans mon trou perdu

Pondu le 19 avril 2011 - 2 commentaires

Attention : cette note est longue, et sachez que l’illustration plus bas ne résumera en rien le propos qui est développé ci-dessous. Je sais que mon lectorat clairsemé est plutôt réticent aux textes trop longs « pasque c’est chiant à lire », aussi voulais-je vous prévenir. Voilà qui est fait.

Les gens qui ont l’immense honneur et la fantastique patience de me connaître et me supporter savent qu’en ce moment nous essayons de faire construire une maison.

Diantre, me direz-vous. Que signifie ce « j’essaie » ? On a droit à plusieurs essais ? Si on y arrive pas le premier coup, on peut réessayer sans frais ?

Non, vous êtes vraiment des idiots, vous réponds-je1. Cette expression veut simplement dire que nous avons en face de nous un terrible adversaire que tout postulant à la construction de pavillon doit vaincre : le maître de chantier d’un constructeur de pavillon.

Évidemment dit comme ça, ça fait pas super peur. Appelons-le pour la suite des évènements : Le Terrible et Sournois Chef de Chantier de la Terreur. Cet être abject n’est pour autant pas tout seul : il est aidé dans notre cas par plusieurs lieutenants à qui on enfoncerait bien divers objets pour le moins volumineux dans plusieurs de leurs orifices2. Parmi eux se trouvent le Fourbe et Cruel Voisin Détestable, le Perfide Commercial Entourloupeur, l’Incompréhensible Entrepreneur Ursidé  et Mère Nature la Vilaine.

Les patronymes de ces individus étant assez parlants pour la majorité de mon lectorat, je préfère vous les mettre en situation que de passer de longues lignes à vous les décrire. Notez que pour raccourcir le récit d’environ 6 mois j’ai fait l’impasse sur le Cupide Banquier Avare.

Hors donc, notre histoire se passe en l’an de grâce 2010. Nous sommes au 1er jour du mois de décembre, il pleut, et alors que les ménages français préparent activement les fêtes de fin d’années Albane, Raphaël (un an tout frais au compteur)3 et moi-même allons enfin voir débuter le chantier de notre pavillon, sur un terrain situé pas très loin d’où nous louons actuellement.

Rendez-vous fut donc pris avec le Terrible et Sournois Chef de Chantier (TSCC) et l’Incompréhensible Entrepreneur Ursidé (IEU) sur notre terrain fraîchement défriché. Les deux compères n’en furent en réalité d’ailleurs pas puisqu’à peine arrivés l’IEU signala que quand même, ça allait pas être possible de faire passer des engins de chantier dans le minuscule chemin rural qui relie notre terrain au reste du Monde. Le TSCC paniqua un peu et entreprit de marchander avec l’IEU en se basant sur la position des étoiles et la possible victoire de son club de curling favori aux prochains championnats du monde. Par un tour de passe-passe qui m’échappe encore, la largeur anorexique du chemin ne fut tout à coup plus un obstacle. l’IEU ne voulant pas s’avouer si facilement vaincu répliqua perfidement que ledit chemin étant plus un marécage miniature qu’un chemin par la faute de Mère Nature la Vilaine, ses engins allaient s’embourber et que du coup ils ne pourraient pas passer. Le TSCC fut bien obligé d’en convenir, le bougre avait raison. Vous imaginez sans peine mon visage défait suite à la révélation de toutes ces horreurs que le Perfide Commercial Entourloupeur ainsi que le TSCC avaient bien évidemment qualifié de « peanuts »4 lorsque nous avions nous aussi émis des doutes quand à la faisabilité de faire emprunter un chemin vaguement caillouteux large de 4m à une bétonnière de 30 tonnes. Décision fut prise d’une part de stopper le délai du chantier (qui est d’un an pour réaliser notre maison à partir de l’ouverture de chantier) parce que « Vous comprenez, c’est pas de not’ faute si le chemin communal n’est pas praticable et on ne peut pas intervenir dessus », et d’autre part de prendre rendez-vous avec la mairie pour qu’il refassent le chemin dans les plus brefs délais.

Innocent que je suis, j’avisais également le Fourbe et Cruel Voisin Détestable (Voisin) de cette réunion vu qu’il est lui aussi concerné par cette partie du chemin, qui dessert nos deux terrains. Nous voici donc le 4 janvier 2011 à la Mairie, en présence de l’Adjoint au Maire chargé de l’Urbanisme (ci-après dénommé Urbain, qui est par ailleurs charmant, courtois et dévoué à ses administrés), de Voisin et de sa femme, du TSCC et de moi-même. Et là mes amis, j’assistais l’oeil rond et l’air ébahi à une charge de cavalerie sans sommation de Voisin contre Urbain, à qui il reprocha notamment de sciemment savoir que ce chemin était en piètre état et de n’avoir rien fait pour anticiper cette situation. Vous allez me dire : « Pourquoi diantre affubler ce pauvre hère d’un tel qualificatif de Fourbe et Cruel Détestable alors qu’il roule pour ta pomme ? », ce à quoi je vous réponds qu’outre ce tutoiement totalement déplacé, Voisin ne prêchait en réalité que pour sa paroisse : son message était « Vous n’auriez pas dû accorder ce permis de construire, ce qui nous aurait arrangé étant donné que nous ne voulions personne en face de chez nous5 » là où vous, Urbain et moi (avant que je me rende compte de la réalité des choses) avons tous compris : « ce jeune couple aurait mérité un peu plus de considération dans le traitement de son dossier et l’on eut pu en haut lieu anticiper leur besoin criant de consolidation de ce maudit chemin ». Heureusement pour nous, cette méprise quand aux véritables sentiments de Voisin à notre égard fit qu’au 15 mars, le chemin était refait.

Au moins avec ce chef de chantier, on sait à quoi s'attendre

Le 18 mars, me revoilà sur mon terrain en présence du TSCC, de l’IEU et d’un chien qui traînait dans le coin. Il faisait beau et il n’avait pas plu depuis une semaine. l’IEU, qui n’aura jamais moins mérité son qualificatif que ce jour-là même s’il le méritait quand même6 était même presque aimable, et tout le monde s’extasia sur la beauté de ce chemin refait à neuf. L’IEU fit soudain remarquer que par temps sec c’était quand même plus pratique de passer par l’autre côté du chemin, la partie qui n’avait pas été refaite et qui servait à l’agriculteur voisin pour accéder à son champ et qui déboule sur une petite route goudronnée. Cette même partie que le TSCC et l’IEU avaient écarté lors du premier rendez-vous pour un motif que je n’ai jamais très bien saisi. Ce qui me rassure, c’est qu’apparemment ce motif était tout aussi flou pour eux que pour moi, vu qu’ils ont changé d’avis avec un enthousiasme qui fit plaisir à voir. Nous tentâmes même d’aller voir au bout du chemin s’il était bien praticable, mais nous nous fîmes refouler par le chien qui montrait quelques signes d’agressivité dès que nous tentions de nous approcher de sa demeure, située au bout dudit chemin7.

Vous allez me dire : « Mais, mais… mais pourquoi ils t’ont fait refaire le chemin alors, vu qu’ils ne vont pas passer par là ? Du coup ils auraient pu commencer avant ?! ». Figurez-vous que j’ai eu la même interrogation, mais vu que je suis un Sage en devenir je me suis abstenu d’exprimer à haute voix ce doute afin d’éviter de passer aux yeux de mes interlocuteurs pour un crétin qui n’y connait rien.

l’IEU et le TSCC m’assurèrent que mon chantier était rouvert (et que repartait le délai de construction, youpi) et que celui-ci était prioritaire, d’autant que j’avais été super compréhensif et que je ne les avais pas engueulé alors qu’ils n’y étaient pour rien et que si tout le monde était comme moi leur travail serait bien plus cool. « On commence sous quinze jours, dès qu’il n’a pas plu pendant 3-4 jours on vient creuser ! ». Vous imaginez sans peine ma joie et mon visage radieux à l’énoncé de ces excellentes nouvelles qui marquaient la fin de mon calvaire pré-construction.

1 mois plus tard et après trois semaines sans pluie, il n’y a toujours pas eu un seul coup de pelleteuse sur notre terrain. :|

Suite : Albane étant plus douée que moi pour secouer les puces des gens, elle a rendu une visite de non-courtoisie au TSCC pour lui dire tout le bien qu’elle pensait de sa façon de gérer notre chantier. Celui-ci lui a assuré tout penaud que le chantier débuterait la semaine prochaine.


  1. Je n’ai pas réussi à trouver un calembour convenable mettant en scène Bob l’éponge ou même le hérisson de Spontex. Comme quoi le niveau de ce blog baisse drastiquement. 

  2. Je suis vulgaire mais pas grossier, vous en conviendrez. 

  3. Je vous précise tout de même que Raphaël se contrefout de cette histoire, c’est un effronté insouciant. 

  4. « Élément tout à fait négligeable » en Français. 

  5. C’est véridique, il me l’a dit. 

  6. J’ai bien conscience que niveau fluidité de lecture ce genre de phrase c’est pas top, mais c’est mon blog et vous n’avez qu’à aller essayer de déchiffrer un skyblog kikoo sms et vous conviendrez de concert avec moi que finalement, je suis assez lisible bien qu’un peu pédant dans mon style. 

  7. Alors que lorsqu’il se promenait sur mon terrain il était tout tranquille. Et je tiens à lui signaler que moi, je ne lui ai pas montré les dents en aboyant quand il a pénétré sur mon territoire. 

Je suis une blonde, vite je commente !


La comptabilité, un mot difficile à écrire

Pondu le 23 avril 2010 - 7 commentaires

Aaaah, la comptabilité. Rien qu’à écrire, c’est pénible. La comptabilité m’a toujours détesté, et je lui ai toujours bien rendu. A moins que ce soit l’inverse…

La compta à la maternelle

Pourtant lors de mes études j’ai eu affaire à cette matière. En BTS notamment1, et pendant les deux ans que dure la formation s’il vous plait. Bon je dois admettre que la prof n’avait probablement pas les capacités ni l’envie de nous faire aimer la compta, aussi ce sujet m’a-t-il toujours laissé aussi froid qu’un cadavre de souris rapporté par mes chats sur le devant de ma porte. Je présume qu’avoir le super-pouvoir de comprendre la compta doit rapporter plus que celui d’ouvrir des noix avec les fesses par exemple2.

Et pourtant il a bien fallu que je m’y replonge, puisque par un fabuleux concours et enchaînement de circonstances que j’ai renoncé à comprendre je me suis retrouvé trésorier-adjoint de la crèche de Mini-moi (alors qu’à la base j’étais juste là un peu par hasard). Soyons honnêtes c’est pas de la vraie compta, c’est un truc simplifié mais ça reste quand même des chiffres dans des tableaux.

Donc me voilà bombardé trésorier-adjoint, et nous devons reprendre la trésorerie de la crèche là où la personne d’avant là laissée. C’est à dire en bordel avec trois mois de retard. Et quand on doit se taper la trésorerie d’une structure qui emploie 6 ou 7 personnes, on a vite la goutte de sueur qui coule le long du front. J’ai pu découvrir que la compta dans des conditions de ce genre prenait une toute autre dimension comme si tout à coup un rideau se déchirait devant moi, que des petits chiffres tombaient du ciel en se moquant de moi et qu’un gros livre de comptes rouge proclamait : « Tu vas galérer, misérable cloporte ! ».

Que voulez-vous répondre à un gros livre rouge qui parle ?..

En fait on a un peu l’impression d’être un mélange de Grissom des Experts et d’Indiana Jones. Il faut enquêter, retrouver des factures planquées partout, vérifier les indices, suivre les pistes, faire de l’archéologie archiviste, il y a des rebondissements, de fausses pistes, des pièges, ça a l’air follement amusant. J’ai même pensé trouver dans cet amalgame de factures et de justificatifs la seule vraie énigme scientifique sur Terre : qui de l’éléphant ou du rhinocéros est le plus balèze ? Je n’ai rien trouvé dans les chiffres, et pourtant on sait tous que la numérologie est un sujet sérieux qui donne des réponses sérieuses (et approuvées par le Serious Cat).

Je voulais donc adresser solennellement mes plus sincères encouragements à tous ceux dont c’est le métier et qui sont mandatés pour contrôler, vérifier, éplucher des comptes. Sauf qu’il me semble que ces gens-là sont payés eux pour faire ça, et probablement assez cher. Je me contenterai donc de leur indiquer qu’ils font un métier qui sent le caca de panda.


  1. Le BTS c’est comme le lycée finalement, ils n’ont pas pu s’empêcher de coller des matières inutiles dedans. Et autant au lycée ça se justifie, autant après non. 

  2. Avant qu’on me demande une démonstration, je ne sais pas le faire. De plus Albane m’interdit de montrer mes fesses à n’importe qui. 

J'ai un furoncle au derrière, vite je commente !


Comment gérer sa femme enceinte

Pondu le 25 septembre 2009 - 29 commentaires

Cette note mériterait d’être sous-titrée « Petit guide pratique à l’usage des futurs papas jeunes et dynamiques ».

L'homme est comme la femme, excepté pour les poils

La grossesse, une affaire qui concerne aussi les hommes

Quand on met en route un mini-soi, on est bien loin de se douter que le parcours du combattant ne va débuter après la naissance, mais qu’il commence en réalité bien avant :

  • Ne sous-estimez jamais la capacité de votre femme à manger dans des quantités gargantuesques. Pour peu que ses envies ne se limitent pas aux fraises mais aillent lorgner vers le Mc Do ou la raclette (même en plein été…), sachez qu’elle va manger tellement qu’elle risque de blesser votre amour-propre de goinfre mâle, votre porte-monnaie et la balance de la salle de bain1. Tout ça pour tout régurgiter lors des premiers mois en plus, ce qui montre bien l’idiotie de ce comportement.
  • Faites une croix sur votre vie sexuelle épanouie. Parce que la libido d’une femme enceinte, c’est du grand n’importe quoi : elle peut passer d’une excitation exrême à une apathie totale en moins de 12 secondes, ce qui vous laisse en général juste le temps de vous exciter et de commencer à enlever vos vêtements2. De toute façon la liste des positions praticables se réduit à peau de chagrin au fur et à mesure de la grossesse. Notez bien que reporter la faute sur votre femme serait un comportement plutôt stupide et complètement suicidaire : il y a d’autres moyens de conserver une activité sexuelle et votre femme pourrait se montrer gentille dans ce domaine, et de plus c’est quand même vous qui l’avez mise enceinte, et elle ne se privera pas pour vous le rappeler tout le long de la grossesse3.

  • A partir de la première échographie (soit à environ 3 mois de grossesse), votre femme ainsi que toutes les personnes de sexe féminin de votre famille et belle-famille vont commencer à souffrir de l’étrange symptôme commun également aux joueurs de Sims : l’achat de fringues et d’accessoires « top choupinou » pour le futur rejeton. Là, c’est le moment d’affirmer votre logique implacable de mâle : on n’achète pas de fringues avant de savoir le sexe, c’est une règle4. Alors bien sûr ces dames vont vous rétorquer qu’il existe des fringues unisexe, surtout les bodies, les nainnains (là j’orthographie au pif) et d’autres trucs super mignons. C’est vrai, mais céder à ce moment-là de la grossesse serait une erreur, car tout ce qui sera acheté avant de connaître le sexe sera de toute façon acheté en double parce que « maintenant qu’on connait le sexe, on va vraiment pouvoir lui acheter des fringues, et celles qu’on a déjà elles sont pas super ». Donc freinez des quatres fers avant l’écho des 6 mois, car c’est celle-là qui vous dira si le mini-vous est un couillu ou une pisseuse (vous aurez noté le terme volontairement péjoratif employé par la gente masculine pour parler des bébés filles. Ca fait partie du délestage de pression abordé à la fin de cette note).

  • L’échographie, justement. Ce sont des grands moments que vous devriez éviter de rater, d’abord parce que pour une fois votre femme ne vous reprochera pas d’être devant la télé, ensuite parce qu’avant sa naissance ce seront les seuls moments où vous pourrez voir le mini-vous. De plus, vous serez traité d’être insensible si vous prétextez une compèt’ de poney pour ne pas y aller. En général il y a trois échographies, à 3, 5-6 et 7-8 mois (en gros).

    • A la première, on voit le bébé dans son intégralité. Il ressemble à un martien, il ne bouge presque pas, mais c’est quand même vachement bien et les plus sensibles d’entre vous ne devraient pas avoir de mal à verser une larme.
    • A la deuxième, on voit le sexe. On voit aussi les bras, les jambes, ses petits pieds et mains et avec un peu de chances on distingue son visage. Pour notre part le mini-moi était déjà trop gros pour qu’on puisse le voir en entier.
    • A la troisième, c’est nul. Le bébé est tellement gros qu’on ne distingue rien du tout, et vous ne verrez qu’une série de tâches noires et blanches. S’il y en a une que vous voulez zapper, c’est celle-là.
  • A un certain stade de la grossesse, votre femme va commencer à vous dire : « oh, il bouge ! ». Bien évidemment pendant un mois, vous serez strictement incapable de sentir quoi que ce soit, ce qui est assez frustrant5. En général vous commencerez à vraiment le sentir bouger au moment où le bébé va se mettre à savater les côtes de sa maman, ce qui ne manquera pas de vous attirer des remarques du genre :  « Ah ça t’amuse toi, on voit bien que c’est pas toi qui le porte ! ».

  • Vous allez bien sûr devoir investir dans tout un tas de matériel, meubles, habits, peut-être même voiture et maison pour accueillir la petite chose qui va devenir un(e) boulet(te) jusqu’à ce qu’il(elle) fuit le nid paternel à la fin de l’adolescence. J’ai la chance d’avoir une famille et belle-famille qui n’ont pas hésité à soutenir financièrement les investissements mobiliers que nous avons dû faire, mais sachez que tout le matériel de puériculture (un mot dont vous ne soupçonniez même pas l’existence avant de vous embarquer dans cette galère) est honteusement hors de prix. Après, si vous êtes comme moi une star du montage de meubles en kit, cette étape ne devrait vous poser aucun souci. Dans le cas contraire, bon courage.

  • On sait tous que les papas grossissent en même temps que les mamans. Si vous ne faites aucun effort vous n’échapperez pas à la règle, comme si notre corps partait en sucette genre :  » Ouais bah moi aussi je peux en faire autant ! ». En général il suffit de manger moins et plus lentement pour éviter le drame. En plus après la naissance, vous aurez la classe. Déjà qu’un papa avec un bébé c’est considéré viscéralement comme sexy par les femmes, ne gâchez pas tout en ayant l’air d’un bibendum michelin.

  • Vers la fin, votre femme sera arrêtée. Pour peu que vous habitiez dans un endroit un peu isolé, ou que ses amies ne puissent pas être souvent avec elles, elle ne va plus vous lâcher quand vous rentrerez. Ou alors elle va bougonner dès que vous ferez mine de vouloir faire une activité en solo. Soyez compréhensifs et passez du temps avec elle, mais n’hésitez pas à lui suggérer d’inviter ses copines ou sa famille, et surtout ne vous moquez pas de ses activités totalement inintéressantes à vos yeux telles que trier 20 vingt fois les affaires de bébé, faire du point de croix ou du tricot, devenir fan de « Amour, Gloire et Cheveux Super Bien Coiffés ». Il va de soi que si c’était vous qui étiez arrêtés ce serait jeux-vidéos, ordinateur,  dvd et que vous ne vous ennuyeriez pas, mais les femmes sont bizarrement faites. Méfiez-vous néanmoins de cette période, votre compagne aura tendance à vouloir bazarder tout un tas de trucs et vous imposera un rangement draconien. C’est généralement à ce moment que vous finissez par vous séparer des dernières affaires de célibataire que vous entreposiez nostalgiquement dans un coin. Dans tous les cas, c’est le moment de la grossesse qui est le plus pénible pour un mec. Vous n’avez plus de moment à vous, vous ne pouvez profiter ni de votre femme (je ne parlais pas QUE de la sexualité évidemment) ni de votre bébé, vous êtes impatients, votre compte en banque n’a jamais été autant en négatif, tout le monde autour de vous vous demande pour quand c’est , vous dit que vous allez en chier et que ça va vous changer la vie. Comme si ça n’était pas déjà le cas…

Pour la suite, et bien ça attendra une autre note puisque notre mini-boulet devrait pointer le bout de son nez sous 2 mois, donc j’en suis là. Encore une chose toutefois : trouvez un moyen de lâcher la pression, parce que votre femme n’a en général que vous sur qui se défouler, elle en a vraiment besoin et elle ne s’en prive généralement pas. Souriez et encaissez, encore quelques mois à tenir.


  1. Problème que j’ai brillamment résolu en n’ayant pas de balance dans la salle de bain. Seul le wii-fit peut faire une pesée dans notre chez-nous, et il le fait avec des petites animations moqueuses lorsqu’on est en surpoids. 

  2. Vous pouvez toujours tenter de gagner du temps en restant constamment à poil, mais ça ne changera pas grand chose. Et en plus en hiver, vous allez attraper la grippe des fesses. 

  3. Je n’ose vous dire que si jamais elle ne vous le reproche jamais vous devriez exiger un test de paternité, mais il se peut aussi que vous ayez tout simplement la femme la plus gentille au monde. 

  4. Bon évidemment si vous ne voulez pas savoir, mon conseil ne sert à rien. 

  5. Déjà que vous serez frustrés sexuellement, alors ça en plus… 

Je suis une blonde, vite je commente !


Y a même pas de freins à disques sur la poussette

Pondu le 13 juin 2009 - 11 commentaires

Une poussette rétro très classe

Une poussette rétro très classe

En me levant ce matin, j’ai constaté que depuis quelque temps certaines choses changeaient dans cette maison. D’abord je trouve qu’Albane prend du bide, et qui dit plus de volume dit moins de place pour moi dans le lit. Cette invasion de mon espace vital serait encore supportable s’il n’y avait pas le reste : dans toute la maison on commence à voir des peluches, des fringues qui sont tellement petites qu’il est clair que ni Albane ni moi ne pouvons rentrer dedans, et enfin j’ai trouvé une sorte de petit kart à pousser, mais là encore c’est beaucoup trop petit pour l’un d’entre nous.

Intrigué et la tête dans le sac (je vous rappelle que je venais de me lever), j’ai donc décidé d’interroger Albane sur tout ce foutoir1. Et tout ce qu’elle a trouvé à me répondre, c’est lever les yeux au ciel, hausser des épaules et sortir un « pfff » méprisant.

C’est seulement quand j’ai commencé à rassembler toutes ces affaires dans le jardin en tas pour y mettre le feu qu’elle a daigné me donner des explications :

« – Mais arrête donc, t’es idiot ou quoi ?
– Quoi, tu crois que j’aurais du essayer de les vendre au lieu de les brûler ? lui répondis-je
– Mais c’est pour le bébé, couillon2 !
– Enfin c’est ridicule, il n’y a aucun bébé ici et moi vivant, il n’y en aura jam…
– Hum, j’ai un très bon souvenir d’une note sur ton blog qui parlait d’une échographie de mon bedon… Même que certains croyaient que ton montage d’alien était une vraie écho3 !
– C’était pas moi, c’était mon jumeau maléfique !
– Frangin n’est pas ton jumeau et il n’a rien à voir dans cette histoire !4
– Bon admettons, on va avoir un bébé. Mais quel est le rapport avec tous ces trucs ?
– Tu crois peut-être qu’on va le laisser tout nu, qu’on va le trimballer dans un sac plastique et qu’on lui filera nos boîtes de conserves pour jouer ?
– Quoi, tu veux dire qu’on va le garder une fois qu’il sera né ?! Mais c’était pas du tout prévu ça !
– C’est toi que je vais pas garder si tu continues…
– Pfff, la lose. Bon, et cet espèce de mélange de kart et de caddie de supermarché, ça sert à quoi ?
– C’est une poussette mon chéri. Ca sert à trimballer le mini-nous.
– Vraiment ? Voyons voir ça… Pas d’aileron, pas de moteur à réaction, aucun lance-missiles, même pas de télé ni de mini-bar… Ce truc n’a décidément aucun intérèt ! Bon, et ces fringues là… Mon dieu mais il5 aura l’air ridicule à son boulot avec ça !
– Oh regarde là-bas, un brin d’herbe qui danse le tango !
– C’est vrai ? Où ça ? »

Le temps que je comprenne que le brin d’herbe était parti aux toilettes, Albane avait disparu dans la maison avec les affaires de Mini-nous et les avait éparpillées partout.

Conclusion : une femme sera toujours plus tolérante avec son bordel qu’avec le vôtre messieurs. Et les brins d’herbe ne dansent pas le tango mais la salsa.


  1. Qu’il soit bien clair que ma tolérance au foutoir est très élevée, mais seulement quand c’est le mien. 

  2. En vrai Albane a des insultes moins variées mais tout aussi imagées. Peut-être qu’un jour je vous livrerai sa fameuse phrase tri-insultes. 

  3. Véridique. Ce qui prouve que je suis vraiment trop fort. 

  4. Pour respecter son intimité, mon frère s’appelle Frangin. Ça lui va bien mieux que son vrai prénom d’ailleurs. 

  5. Le mini-nous est au masculin, qu’il soit une fille, un mec ou un clone de Pascal Sevran miniature. 

Je parle souvent pour ne rien dire, vite je commente !


Le C15, la délinquance routière façon old school

Pondu le 11 mai 2009 - 12 commentaires

Il est désormais bien connu que la violence, la drogue et tout ça gagnent de plus en plus les banlieues et les campagnes. Mais il est un autre phénomène en marge qui est devenu une réalité : les gangs touchent toutes les catégories de population.

J’en subis d’ailleurs régulièrement les désagréments dans ma campagne profonde avec les propriétaires de Citroën C15.

Oh ne riez pas. Ne souriez pas non plus. Quiconque a déjà eu affaire avec ces terroristes de la route opinera gravement du chef à la lecture de l’affirmation suivante : « Citroën C15 devant toi, un ulcère te donnera ». Car le conducteur de C15 met un point d’honneur a emmerder son prochain, il serait prêt à tout pour pourrir un peu la vie des usagers de la route.

Tout d’abord, le C15 surgit sans prévenir : qu’il se jette sur la route au moment où vous arrivez, ou bien qu’il y soit déjà depuis 10 minutes, vous ne le verrez qu’au dernier moment. L’armée de l’air américaine a d’ailleurs fait des études très sérieuses sur le pouvoir de camouflage de ces utilitaires., et vous constaterez d’ailleurs que les formes carrées des bombardiers furtifs n’ont rien à envier au niveau design à celles des C15.

Le C15, ou la délinquance du vieux

Le C15, ou la délinquance du vieux

Le professeur Guy Jarniaud de l’Institut des Sciences de la Vie Courante a publié en 2006 un rapport complet sur les conditions d’apparition d’un C15 sur la route. En substance, il faut réunir les conditions suivantes :

– Être pressé.

– Être sur une route sur laquelle le dépassement est impossible.

– Être à la campagne, bien sûr1.

Il existe également des facteurs favorisant cette apparition, comme être aux heures de pointe (horaires de trajet boulot/maison) ou avoir une très forte envie d’aller aux toilettes.

Tout C15 qui se respecte est blanc. Toutefois il existe une catégorie de conducteurs qui tient à barioler son véhicule : les amateurs de rave-party, des gens qui ont souvent le cheveu long et gras. Inutile de dire qu’ils ne font pas partie du gang des C15 et qu’ils sont méprisés par l’ensemble de ses membres. Le C15 ayant un moteur poussif, il est rare que celui-ci soit au niveau des limitations de vitesse en vigueur, et de toute façn son conducteur roulera toujours au moins 10 à 20 km/h en dessous de cette limite. SAUF s’il vous est possible de le doubler, auquel cas il s’arrangera pour rester en tête quitte à faire fumer un peu le moteur.

Le conducteur du C15 est un homme d’âge mûr compris entre 50 et 120 ans. Le port du béret ou d’une casquette est fortement répandu. La moustache n’est en revanche pas un signe distinctif. Le conducteur ne veut se séparer de son utilitaire pour rien au monde : proposez-lui une Porsche, un 4×4 ou même un Berlingo (le remplaçant du C15) tout neuf, il n’en voudra pas. Le conducteur est parfois alcoolisé à l’outrance, mais ne comptez pas là-dessus pour qu’il se fasse retirer son permis un jour : un C15 est totalement invisible aux yeux des représentants de l’ordre.

A l’instar du maître et du chien, il est rare qu’un conducteur survive bien longtemps à la perte de son C15. Notez tout de même qu’il est improbable que cela arrive pendant qu’il sera devant vous : vous pouvez maîtriser des incantations démoniaques et maudire à tout va, le C15 n’aura jamais d’accident. Jamais. Sauf quand il sera seul sur la route éventuellement, mais c’est évidemment un cas que vous n’aurez jamais la chance de voir.

Toute la force des propriétaires de C15 est d’être juridiquement inattaquables : ils ne font pas d’excès de vitesse, ils connaissent les coins à radar par cœur de toute façon, ils ne suscitent aucune méfiance auprès des services de gendarmerie, douane ou cellule anti-terroriste, ils savent où, quand et comment ils atteindront leur potentiel maximal de pénibilité et enfin ils sont partout. J’ai récemment découvert que mon voisin était membre de ce gang rural, et pas moyen de saboter cet engin de malheur en douce car le voisin en question est équipé d’un chien de la taille d’un poney dressé à faire des steaks de tout intrus sur son territoire.

Citadins, ne venez plus me rabattre les oreilles avec vos  jeunes des banlieues, votre pollution ou vos embouteillages. Moi aussi j’ai des problèmes, alors lâchez-moi. Non mais.

Note : Ce véhicule a été utilisé par l’Etat Français qui n’a toujours pas reconnu ses torts depuis, on a ainsi pu voir des C15 aux couleurs de la gendarmerie, de la Poste et des pompiers.


  1. Encore que des cas de C15 en pleine agglomération aient été rapportés, mais il semble que ça relève plus du mythe urbain que de faits prouvés. 

Je n'ai jamais lu un tel ramassis de conneries, vite je commente !